Boughner doit partir

Boughner doit partir


Par Le soleil de la Floride

Dale Tallon a été silencieux lors de l’enchère des joueurs disponibles le 25 février.

Il a bien fait une offre généreuse pour les services de Mark Stone, mais ce dernier a toutefois choisi une autre destination. Alors au cours de l’été, il devra brasser des affaires pour réveiller sa bande qui ne va nulle part.

Les Panthers sont encore une fois déclassés, exclus des séries éliminatoires pour une 16ème fois lors des 18 dernières saisons, au cours desquelles ils n’ont jamais gagné une seule petite série. Après un calvaire de la sorte, Tallon est obligé de faire un ménage et de prendre tous les moyens à sa disposition pour amener une fois pour toute sa formation parmi les équipes dominantes.

La besogne devra être bien planifiée. Heureusement, il possède les éléments essentiels autour desquels il peut colmater des trous qui, faut le dire, sont profonds. La décision la plus délicate sera de remplacer son entraîneur par un vieux loup qui a largement navigué dans la Ligue nationale. Bob Boughner n’a pas prouvé, au cours de ses deux saisons, qu’il possédait les outils nécessaires pour vraiment faire progresser sa troupe.

Cet instructeur n’a pas réussi à changer la culture de perdant dans laquelle ses joueurs pataugent et se contentent trop facilement. Il n’est pas parvenu à motiver ses ouailles au point qu’ils se défoncent à chaque soir pour arracher une victoire. Il n’a pas convaincu ses joueurs à jouer pour lui. Il a perdu son banc. La prestance de dimanche soir était sans équivoque. Il n’a pas non plus été capable d’amener son joueur de centre, Vincent Trocheck, à imiter Aleksander Barkov pour multiplier les passes à ses ailiers plutôt que de garder la rondelle trop longtemps. Il n’a jamais sévi contre Trocheck, comme l’envoyer réfléchir en tant que centre d’un quatrième trio.

Boughner n’est pas parvenu, comme l’a fait Barry Trotz avec les Islanders, à dresser un système défensif collectif qui permet de remporter des victoires. On peut aussi lui reprocher de ne pas toujours marier les joueurs selon leurs talents. On ne comprendra jamais pourquoi il s’est si longtemps entêté à séparer Aleksander Barkov et Jonathan Huberdeau, qui forment l’un des meilleurs duos du circuit. Sa dernière décision douteuse est survenue samedi dernier, lorsqu’il a choisi de faire passer son premier test dans la Ligue nationale au gardien recrue Samuel Montembault, dans un match aussi important que celui contre les Hurricanes, plutôt que de l’envoyer dans la mêlée contre les Sénateurs, dimanche.

De plus en plus de partisans contestent cet entraîneur et ses adjoints. Boughner n’a pas la poigne d’un Barry Trotz, d’un John Cooper ou d’un John Tortorella, des entraîneurs capables d’écarter ceux qui trichent surtout défensivement, quel que soit leur statut. Tallon pourrait sûrement profiter du fait que des entraîneurs d’expérience tels les Quenneville, Vigneault, Therrien, Hartley soient disponibles pour que son équipe compte sur un homme capable de changer les choses. Il est temps que les Panthers investissent dans un entraîneur de haut niveau plutôt que de jouer les radins pour un poste aussi crucial.

Tallon n’aura pas le temps de chômer au cours de l’été. Il devra remodeler sa défensive qui est devenue poreuse. Il lui faudra mettre la main sur un gardien de premier plan puisque Roberto Luongo ne peut plus jouer autant de matchs et n’est plus aussi alerte qu’à ses beaux jours, tandis que son adjoint James Reimer est d’une inconstance consommée. La brigade défensive devant ces deux gardiens doit vraiment être modifiée parce qu’au cours de la présente saison, les arrières ont été, plus souvent qu’autrement, les boucs émissaires de plusieurs revers.

Pour un, Michael Matheson a été une grande déception tout comme Aaron Ekblad, dans son cas dans la première demie du calendrier, deux joueurs qui malheureusement n’ont pas encore atteint les sommets espérés. Ces deux joueurs devaient devenir des défenseurs dominants. Tristement, ils ont échoué jusqu’ici. Matheson aurait sûrement mérité de sauter son tour à quelques occasions en raison de ces revirements répétitifs.

Si Keith Yandle contribue largement à l’attaque, ses déficiences défensives sont souvent coûteuses. Sur la patinoire, c’est devant le filet et à la ligne bleue que se font sentir les principaux besoins. L’enchère des joueurs autonomes, en juillet, sera l’occasion pour Tallon de remédier à la faiblesse défensive de son équipe. Il devra aussi profiter de ce marché pour ajouter des joueurs de caractère capables d’aller au front et de dicter la marche aux autres, ce qui manque vraiment à cette équipe. Des guerriers hargneux et fougueux dans le style des Gallagher, Marchand, Foligno.

Le directeur gérant aura les millions pour magasiner. Il devra ouvrir sa besace s’il veut attirer un Artemi Panarin et même un Sergei Bobrovsky afin de vraiment transformer ses Panthers, qui n’en peuvent plus merder dans les bas-fonds de la Ligue nationale. Tallon a libéré des millions en envoyant Nick Bjugstad et Jared McCann à Pittburgh et il récupèrera d’autres dollars avec le départ de quelques autres joueurs. Sûrement qu’il fera de la place à un jeune prospect comme Owen Tippett, mais il devra surtout compter sur l’acquisition de vrais batailleurs et un vrai entraîneur pour voir son équipe grimper les échelons.
Dale Tallon pourrait, lors de la séance de repêchage, procéder à des transactions, à moins qu’il remporte l’une des loteries qui lui permettrait de réclamer l’un des trois meilleurs juniors. S’il doit consolider la défensive de sa formation, il lui faut ajouter des patineurs vraiment dédiés à la cause. Il est le temps pour Tallon de trouver un groupe d’entraîneurs de haut niveau et expérimentés, puis de regrouper les vétérans que sont Barkov, Huberdeau, Dadonov, Hoffman, Trocheck avec quelques nouveaux joueurs de caractère et de jeunes talents de l’organisation afin que ce groupe bataille pour les grands honneurs.
Le moment est venu de mettre les pendules à l’heure.