Drouin-Sergachev

Drouin-Sergachev


Par Le soleil de la Floride

Jonathan Drouin : une déception Lorsque

Marc Bergevin a fait l’acquisition de Jonathan Drouin du Lightning de Tampa Bay, en retour du jeune défenseur de 19 ans, Mikhail Sergachev, la presse montréalaise et les inconditionnels du Canadien étaient convaincus que le directeur général venait de mettre la main sur un sauveur.

 

L’équipe était à court de ressources offensives en raison d’un manque de talent.

 

Avec neuf buts seulement en 57 parties, le joueur de St-Agathe, est une déception. Tous ont pensé qu’il deviendrait la bougie d’allumage de sa nouvelle formation. Ce qu’il n’a pas fait. Jusqu’ici ses performances laissent un énorme doute. Drouin est inefficace défensivement, le même mal que Galchenyuk, et il est irrégulier. Il est utilisé au centre, ce qui n’est pas sa chaise. Mais ça ne doit pas être une excuse pour sa faible production et son triste manque de détermination.

Les amateurs ne cachent pas leur déception devant les performances mitigées du petit 92. Le comportement de Drouin semble parfois aller au-delà des faiblesses du Canadien. Son attitude ne fait pas l’unanimité. Son implication est souvent plutôt terne et sa production est famélique à 5 contre 5. On ne sent pas chez-lui l’enthousiasme et le vouloir qu’un joueur de son calibre devrait montrer. Il n’est pas friand de s’impliquer dans le trafic. Jusqu’ici son acquisition n’a vraiment rien apporté à cette équipe, qui traîne dans le peloton de queue. Surtout que l’on croyait qu’il chausserait les patins de Radulov. Jonathan Drouin n’est pas devenu un meneur de jeu et un élément essentiel à son équipe. Son attitude n’a rien d’un joueur à l’esprit d’équipe.

 

Yzerman

On peut commencer à s’interroger sur les raisons qui ont motivé le directeur gérant du Lightning, Steve Yzerman, à se départir de ses services. Sa décision de faire la grève plutôt que de se rapporter au club-école du Lightning, il y a deux ans, commence à susciter certaines interrogations sur son comportement. Dans ce cas il a manqué de respect à son organisation et à ses coéquipiers. On appelle cela de l’égoïsme.

 

C’est connu, lorsqu’une formation traverse une saison misérable, l’esprit d’équipe s’effrite. Les petites cliques se forment rapidement. Les mécontents bouleversent l’atmosphère et grognent pour un rien. Tout n’est pas serein chez le CH. L’attitude de Carey Price et de Max Pacioretty ne ment pas.

Malgré l’air vicié chez cette équipe, Jonathan Drouin n’a pas montré qu’il pouvait être un véritable soldat au service de son organisation. Ses performances en demi-teinte en font un joueur ordinaire, plutôt qu’un véritable leader, ce dont le Canadien attendait de lui. Se pourrait-il que Marc Bergevin et ses conseillers aient fait une mauvaise évaluation de l’échange l’impliquant?

Pour un joueur qui devait donner le ton à sa formation, sa famélique production est une catastrophe. Lorsque l’on jette un coup d’œil sur sa jeune carrière dans la Ligue nationale, on peut penser qu’il est un joueur surévalué. En 219 matchs il n’a marqué que 38 buts et son différenciel est de moins 37. Cela représente un seul but par 5,7 matchs. Rien de glorieux bien qu’il faut dire qu’il n’avait pas toujours beaucoup de minutes dans les matchs du Lightning. Mais il jouait avec une solide équipe. Cette saison sa contribution de neuf buts est ensevelie par un moins 27, l’un des pires bilans de toute la Ligue nationale.

 

Sergachev

Marc Bergevin doit effectivement faire de mauvais rêves à la suite de cette transaction lorsqu’il voit les performances du jeune défenseur de 20 ans, Mikhail Sergachev. Jusqu’ici le jeune Russe montre une fiche de huit buts et 23 passes et un +8.

Steve Yzerman a été patient avant de céder Drouin. Il a laissé son joueur mariner longtemps lorsque celui-ci a décidé de rentrer chez lui, plutôt que de rejoindre son équipe de la Ligue américaine. À ce moment les rumeurs de transaction se multipliaient, mais le directeur gérant faisait la sourde oreille. Jusqu’à ce que Bergevin lui offre le défenseur le plus prometteur de son organisation.

Yzerman n’a pas hésité un seul instant pour mettre la main sur ce joueur qui devait devenir l’un des meilleurs arrières du Canadien. En juin 2017, l’emballement des supporteurs du Canadien lors de l’arrivée de Drouin a fait oublier la valeur de Sergachev qui, pourtant, faisait l’unanimité quant à son talent. Ce joueur était un choix de première ronde au neuvième rang. On le considérait comme le successeur d’Andrei Markov.

En un peu plus d’un an, Bergevin s’est débarrassé de quatre arrières. PK Subban, Andrei Markov, Alexei Emelin et Milhail Sergachev ont tous plié bagages pour être remplacés par des défenseurs délaissés par d’autres formations en raison de leur déficience, à l’exception de Shea Weber.

Il n’est pas trop tôt pour dire que l’échange Subban-Weber commence à coûter cher au Canadien et que le refus d’accorder un autre contrat à Markov a été une erreur. Subban est le défenseur le plus utilisé chez les Predators et le premier marqueur des siens, avec 15 buts et 33 passes et un plus 13.

 

D’ici quelques saisons, la perte de Sergachev pourrait bien rappeler la transaction qui a fait passer Ryan McDonagh du Canadien aux Rangers de New York. Bien sûr qu’on ne comparera pas Jonathan Drouin à l’insipide Scott Gomez, mais la perte de Sergachev pourrait avoir coûté très cher, surtout si Drouin ne devient pas le joueur que Bergevin souhaitait.

 

L’avenir nous dira qui a été le poisson dans ce marché.