La Fenêtre Du Canadien Se Ferme-T-Elle? Les Uns Y Croient De Plus En Plus, D’Autres S’Impatientent, Puis Le Reste Désespère.


Par Le soleil de la Floride

Autant les supporteurs du Canadien que ceux qui ne les appuient pas, ont une opinion sur l’avenir du Canadien de Montréal qui, après une victoire assez compliquée sur Ottawa, a plié bagages devant le Lightning de Tampa Bay.

Malgré ses succès en saison et sa capacité à gagner une ou deux rondes en éliminatoires, cette équipe montre trop de carences pour aspirer aux grands honneurs de la Coupe Stanley.

Les plus fervents croient que le Canadien n’est pas loin de la coupe aux lèvres.

Sauf que ça ne reflète aucunement la réalité. Ce n’est pas demain la veille que cette formation atteindra l’objectif de se pavaner avec le gros trophée.

Toutes les équipes qui ont réussi l’exploit au cours des dernières années, ont dû traverser le désert avant d’y parvenir.

Il n’y a plus d’autre façon d’y arriver que celle d’emprunter le passage obligé du repêchage, unique source fournissant des joueurs surdoués. Des échanges à la Taylor Seguin sont des accidents et ne se produisent qu’une fois en 20 ans.

Rapiéçage

À Montréal, le but suprême est de prendre part aux séries de fin de saison. Quelle qu’en soit la façon. Alors lorsque vient le temps des échanges en mars, le directeur gérant magasine et embauche des joueurs de relève dont la majorité n’apporte pas ce qu’il faut pour se rendre jusqu’au bout. On l’a bien constaté avec les Pelley, Gonchar, Allen et combien d’autres.

D’autant que chez les meilleurs, ce sont généralement de futurs agents libres que les équipes laissent partir, soit parce qu’elles décident de prendre le virage reconstruction ou qu’elles ont la certitude que le joueur sacrifié demandera trop de millions la saison suivante.

Dans cette catégorie, le cas de Tomas Vanek, l’an dernier, est le meilleur exemple. Là on verra la somme qu’exigera Petry lorsque son agent Don Meehan s’assoira avec Marc Bergevin.

Mais une fois la cueillette passée, tout est à recommencer.

Marc Bergevin devra sortir des lapins de son chapeau s’il veut vraiment combler les nombreux trous dans son équipe.

Le gros problème c’est qu’il n’a rien à offrir pour mettre la main sur un joueur de talent, sans compter qu’il ne recevra sûrement pas d’aide des équipes de sa division.

Sa formation a ramassé un honorable 110 points, au cours de la saison régulière, ce qui n’est pas rien.

Mais reste que Carey Price, qui a connu la meilleure performance de sa carrière, a multiplié les prouesses, maquillant les faiblesses de ses coéquipiers autant en défensive qu’en attaque.

Bergevin doit dénicher des défenseurs et des attaquants, surtout un véritable premier centre ce qui ne courre pas les rues. Les équipes qui en comptent ne les laissent pas partir. Elles leur offrent un pont d’or.

Comme quelques uns de ses coéquipiers, Eller, Plekanec, Desharnais, Parenteau, pour ne nommer que ceux là, Price ne réussit pas lui non plus à maitriser ses plus grands atouts durant les éliminatoires.

Andrei Markov prend de l’âge et ne peut plus jouer 25 minutes par match. On l’a vu. Il a été le joueur qui a causé le plus de revirements de toute la Ligue dans les deux premières séries.

À la fin, il n’accompagnait plus PK Subban sur les attaques à cinq. Une équipe ne peut pas ne pas ressentir les inconvénients du déclin d’un arrière de la trempe de Markov. Et qui est prêt à prendre la relève?

On parle constamment de l’importance de compter sur deux solides trios à l’attaque pour une formation qui veut aller loin. Là également le CH est déficitaire. Plekanec, Gallagher, Pacioretty représentent l’un des pires premiers trios du circuit. Seul Pacioretty doit être considéré comme un membre de première ligne. Si l’on considère que ces trois joueurs sont les meilleurs de la formation, cela donne une idée de quoi sont formés les autres trios.

Lorsqu’un joueur comme Weise se taille un poste dans le top 6, il y a lieu de s’interroger sur le talent des marqueurs de sa formation.

Disette

Et justement, le Canadien ne marque pas de but. Pire encore, il montre une totale déficience en attaque à cinq. Cela a été une vraie tare toute la saison et en séries, la situation s’est détériorée, plus encore, avec seulement deux buts en 36 avantages numériques.

Les Molson sont heureux parce que l’argent entrait à la brouette avec six matchs à la maison durant les dernières séries. Et durant la saison régulière, le Centre Bell débordait.

Reste que durant ce temps, les véritables fervents restent sur leur appétit. Et dès septembre, on recommencera dans les bureaux de relations publiques de l’équipe, à vendre aux journalistes et aux amateurs que 2016 sera la bonne.

Quelques uns vont encore y croire, d’autres seront septiques.

Mais ce sera encore un rêve. Parce que les propriétaires ne veulent pour aucun prix, aller souffrir dans le bas du classement pour mettre enfin la main sur quelques surdoués qui deviendraient les vrais leaders de cette équipe, chose que l’on n’a plus vu depuis les beaux jours de Guy Lafleur.

Le Canadien est à des années lumières d’une Coupe Stanley s’il n’accepte pas de plonger avant de faire surface.

Trois joueurs moyens ne valent jamais un vrai joueur de hockey. Les autres directeurs gérants le savent trop bien.