Le CH en route

Le CH en route


Par Le soleil de la Floride

Il faudra bien y croire. Le Canadien de Montréal contre toute attente ne cesse de surprendre et d’accumuler les victoires.

Au point où il n’est plus question de savoir s’il prendra part aux séries éliminatoires mais plutôt de se faire une petite idée à quel rang il terminera son calendrier.

Si les Islanders de New York cons-tituent une véritable surprise, ils viennent de remporter 15 de leurs 18 derniers matchs, on doit dire que l’équipe montréalaise renverse toutes les prévisions. Cette équipe est tellement affamée et fait tellement preuve de résilience qu’elle confond tous les pronostics de début de saison alors qu’on lui accordait bien peu de chance d’être au bal printanier. Chaque membre de ce groupe a soif de victoires, ce qui fait la différence avec d’autres équipes dont les tous les joueurs ne sont pas prêts à souffrir pour gagner.
Si le directeur gérant Marc Bergevin et l’entraîneur Claude Julien étaient cloués au pilori l’an dernier, il faut bien rendre à César ce qui appartient à César. Bergevin a donné tout un coup de balai pour évacuer l’air vicié qui polluait la chambre la saison passée. Avec de nouvelles acquisitions et en imposant une discipline plus rigide, le duo Bergevin-Julien a transformé cette équipe en un temps record. Au point où le Canadien lorgne davantage une deuxième place de la division Atlantique qu’une entrée dans les séries éliminatoires par la porte-arrière. Bergevin avait bien lu la situation lorsqu’il affirmait que les misères des siens étaient dues à une mauvaise attitude de la part de quelques piliers dans le vestiaire.
Le Tricolore bouscule en ce moment les Bruins et les Leafs en gagnant contre les meilleures équipes.
Avant ce revers contre les Flyers, il avait aligné quatre gains pendant que les Bruins perdaient trois fois en quatre matchs et que Toronto culbute depuis trois semaines avec sept revers en dix rencontres. Ce qui fait que le Canadien n’est qu’à un point des Leafs et est à égalité avec les Bruins avec toutefois deux parties et une de plus de jouées.
Claude Julien a jusqu’ici gardé certains de ses joueurs sur le qui-vive de façon à s’assurer que chacun fournirait le maximun d’effort lorsqu’il ferait appel à leur service. Si le retour de Shea Weber a stabilisé une défensive douteuse, que peut-on dire de Carey Price qui a retrouvé tous ses repères et est redevenu le gardien capable de voler un match à lui seul ?
Comment expliquer qu’une formation qui ne compte aucun marqueur parmi les 50 premiers du circuit puisse batailler pour une position aussi élevée ? C’est peut-être cet aspect qui donne l’élan à chacun des joueurs. Il n’y a pas de Crosby, de Tavares, de Kucherov, d’Ovechkin ou McKinnon chez le Canadien. Ce qui fait que l’on ne laisse pas la responsabilité de mener la charge à un ou deux surdoués.
Chacun doit trimer sans tricher pour arriver à un résultat collectif.
Si certains joueurs n’apportent pas la contribution espérée, surtout Jonathan Drouin et Max Domi, qui sont au ralenti, d’autres suivent la cadence et deviennent les hommes-clefs.
Phillip Danault et Brendan Gallagher sont les catalyseurs du Canadien. Gallagher avec 19 buts a procuré plusieurs victoires aux siens tandis que dans le cas de Danault c’est sa polyvalence qui rapporte tant de dividendes à sa formation. Malgré ses huit petits buts, il est devenu l’homme à tout faire. Sa progression lors des mises au jeu et son excellence comme joueur défensif en font un joueur maintenant indispensable aux succès des siens. Il est utilisé contre les meilleurs joueurs adversaires et il parvient à les menotter plus souvent qu’autrement. C’est un aspect peu perceptible mais les entraîneurs adorent ces joueurs. On comprend pourquoi Claude Julien a recours à ses ser-vices dans toutes les situations. Lorsque l’on pense qu’il a été obtenu en retour de Dale Weise et Tomas Fleischmann, qui ne jouent plus dans la Ligue nationale, on peut dire que Bergevin a commis un véritable vol aux dépens des Hawks.
Il est encore tôt pour prévoir quelle place la troupe de Julien occupera le 6 avril, mais à moins d’une catastrophe, le Canadien aura renversé toutes les prédictions et prolongera sa saison. Ses chances s’améliorent à chaque semaine surtout depuis que les Sabres de Buffalo connaissent quelques ratées parce que leur gardien Carter Hutton est aux prises avec une baisse de régime et ne vole plus de match comme lors de la première demie du calendrier.

La grande question maintenant n’est plus de savoir si le Canadien prendra part aux éliminatoires mais plutôt de s’interroger à savoir qui sera son adversaire dans la première série.