Le raccourci des Bruins


Par Le soleil de la Floride

On parle abondamment des équipes qui représentent des surprises cette saison dans la Ligue nationale.

Las Vegas, New Jersey et soudainement, Colorado, font écarquiller les yeux des sceptiques.

Edmonton, Montréal, Ottawa, sont de grandes déceptions.

Pendant ce temps, on oublie les Bruins de Boston qui, après un début de saison décevant, se sont redressés pour devenir une équipe imbattable depuis le début de décembre.

Le paysage était plutôt sombre pour eux en octobre et novembre alors qu’ils ont encaissé neuf revers à leurs 16 premières parties.

Tuukka Rask était plutôt chancelant et les attaquants, particulièrement Patrice Bergeron et Brad Marchand, ne parvenaient pas à retrouver leur rythme de l’an dernier.

Mais à partir du 29 novembre, après une victoire sur le Lightning de Tampa Bay, les Bruins se sont transformés en véritable rouleau compresseur.

À compter de ce moment, ils ont remporté 17 victoires, subi seulement deux revers en temps règlementaire et ont perdu quatre fois en prolongation, une récolte de 38 points au classement sur une possibilité de 46, avant le match contre New Jersey ce mardi soir. Ils ont devancé les Leafs au deuxième rang de leur division puis les Capitals de Washington. Avec une partie en main, ils ne sont plus qu’à trois points du Lightning de Tampa Bay, en tête de l’Association de l’Est. Les Bruins ont en même temps enlevé tout espoir à leurs éternels rivaux, le Canadien de Montréal, les humiliant trois fois en huit jours.

S’ils maintiennent le pas, ils dépasseront facilement les 105 points qu’ils avaient accumulés l’an dernier pour prendre part aux séries éliminatoires.

Qu’est-il survenu pour que les Bruins passent aussi rapidement d’une équipe du milieu du peloton à une formation qui lorgne le premier rang?

Les choses ont commencé à changer lorsque le 7 février 2016, les Bruins ont congédié l’entraîneur Claude Julien pendant que les Patriots de la Nouvelle Angleterre paradaient dans les rues de Boston avec le trophée du Super Bowl.

Bruce Cassidy a pris la place derrière le banc et les résultats ont rapidement été positifs. Sa venue a eu l’effet d’un baume chez les Bruins. Cassidy a totalement modifié les habitudes de son équipe, qui sous Julien, préconisaient le jeu défensif.

Les Bruins sont devenus une équipe offensive avec le droit de faire preuve de créativité. La saison de 39 buts de Marchand a fait la preuve que la méthode Cassidy fonctionnait. En ce moment, les Bruins forment une bande d’attaquants tout en respectant un solide plan défensif. Leur différentiel de +38 est le deuxième de la Ligue après Tampa.

 

Le raccourci

Avant d’en arriver là, il a fallu que la direction amène du talent pour supporter les meneurs de cette formation.

Les Bruins ont réussi un véritable vol en 2014, lorsqu’ils ont repêché le Tchèque David Pastrnak, qui a immédiatement gradué dans la Ligue nationale. Son talent était indéniable et l’an dernier, à sa première saison complète, il a enfilé 34 buts et obtenu 70 points pour devenir un meneur des siens.

Avec Bergeron et Marchand, il forme le meilleur trio du circuit. À leurs neuf derniers matchs, ces trois joueurs ont amassé 38 points.

Contrairement à Marc Bergevin, directeur gérant du Canadien, son homologue Don Sweeney a envoyé Milan Lucic à Edmonton et Dougie Hamilton à Calgary en retour de choix de repêchage. Hamilton a valu un choix de première ronde et deux choix de deuxième ronde aux Bruins. Ce qui fait que ces derniers ont bénéficié de cinq choix de première ronde en 2015 et 2016, ainsi que quatre choix de deuxième ronde. Pendant que Bergevin distribuait ses choix, dont deux pour Andrew Shaw, Sweeney se construisait une banque de juniors. Les défenseurs Brandon Carlo, 21 ans, repêché en 2015, Charlie McAvoy, 20 ans, le meilleur arrière des siens, réclamé en 2016, Jake Debrusk, 22 ans, obtenu en 2015, 13 buts et 23 passes jusqu’ici, jouent tous avec les Bruins et font partie du groupe des talentueux. Danton Heinen et Anders Bjork, deux choix de quatrième ronde en 2014, portent le chandail des Bruins.

Leur banque d’espoirs déborde. Trent Frederic, un centre de 6’ et 2’’, Jakub Zboril et Zach Senyshyn, sont trois autres jeunes de l’organisation qui attendent que la porte s’ouvre pour entrer dans la chambre des Bruins.

Heureusement pour les autres équipes de cette division, Sweeney n’a pas choisi Mathew Barzal, Brock Boeser, Thomas Chabot ou Kyle Connor au lieu de Zboril et Senyshyn ! Il compterait sur une puissance pour les années à venir.

Les Bruins de Providence de la Ligue américaine ont participé aux éliminatoires au cours des six dernières années et constituent une pépinière pour Boston.