Le vol de Bergevin


Par Le soleil de la Floride

Il y a moins de cinq mois Marc Bergevin était pendu en effigie à la grandeur du Québec.

Les partisans suppliaient le propriétaire Geoff Molson de congédier son directeur gérant à la suite de la saison misérable que son équipe avait connue.

Les amateurs et la meute médiatique prédisaient des jours encore plus sombres pour la saison qui venait et un cauchemar qui durerait une éternité. Bergevin se débattait comme un diable dans l’eau bénite pour conserver son poste, convaincant son patron qu’il allait redresser la situation plus rapidement qu’on ne l’espérait. Il répétait ad nauseam qu’il avait diagnostiqué le bobo qui avait miné sa troupe et qu’il possédait l’antidote. Ce que peu d’observateurs et de fervents achetaient.

Pour Bergevin l’attitude viciée était le cancer qui avait nettement affecté son groupe durant toute la saison passée. À la demande de son patron il devait donner des résultats sans délais. Aux grands maux les grands moyens. Le directeur gérant a chassé de l’entourage ses deux marqueurs naturels Max Pacioretty et Alex Galchenyuk, ce qui ne faisait pas l’unanimité chez les partisans. Encore moins lorsque le marché impliquant Galchenyuk amenait Max Domi à Montréal. Les critiques ont  fait un bond en avant en raison des deux maigres productions de neuf buts de Domi au cours des deux dernières saisons, une fiche de 18 buts en 141 matchs contre un Galchenyuk, qui avait touché la cible 30 fois en 2015-2016.

Cinq autres joueurs prennent place dans la chambre du Canadien. Mais Max Domi est celui qui inspire davantage la troupe de Claude Julien.

 

Contre toute attente cet ailier gauche, transformé en joueur de centre, comble la plus grande lacune de cette équipe. Devenu le premier centre, il dominait la colonne des marqueurs des siens avec 13 points en 13 matchs après la visite du Lightning, samedi soir, alors qu’il a enfilé son 7ème but.

Ce petit joueur de cinq pieds et dix apporte plus que sa contribution sur la feuille de pointage. Son implication, sa hargne et sa détermination déteignent sur chacun de ses coéquipiers. Sa fougue, ajoutée à celle de Brendan Gallagher, donnent à leur équipe un caractère que l’on ne connaissait sûrement pas au cours des dernières saisons chez le Canadien.

Ces deux joueurs avaient, avant le match d’hier lundi contre les Islanders, marqué 16 des 41 buts de l’équipe. Leur audace dans toutes les phases du jeu contribue davantage.

 

Ce début de saison inespéré crée une véritable hystérie chez les amateurs et chez les membres des médias, qui rêvent déjà à une participation aux séries éliminatoires.

 

Si l’allure du premier mois est encou-rageante, le duo Bergevin-Julien doit sûrement espérer le réveil de quelques joueurs qui  ne répondent pas aux attentes.

Jonathan Drouin reste une véritable énigme et son implication attire les critiques tandis que l’on attend toujours l’éclosion d’Artturi Lehkonen qui n’a qu’un seul but à sa fiche. Puis jusqu’ici Carey Price n’est pas revenu aussi dominant, accordant régulièrement quatre buts et plus par rencontre. Malgré ces quelques écueils on doit admettre que Marc Bergevin a, jusqu’ici,  gagné son pari, sauvant sûrement son poste.

 

On peut dire que l’acquisition de Max Domi est un véritable vol… du moins pour le moment.