Long pèlerinage pour le Canadien


Par Le soleil de la Floride

La traversée du désert du Canadien de Montréal sera longue et pénible. Cette équipe n’a récolté que 64 points au classement sur une possibilité de 144, avant le match du 19 mars contre les Panthers.

Le constat ne peut être plus réel. Les moments moins pénibles du Canadien tenaient sur l’excellence de Carey Price, qui vient de connaître sa pire saison. Cela faussait totalement la donne. L’attitude de je « m’enfoutisme » de Price a transformé son statut d’adulé en dégoût chez des  milliers de ses partisans.

Price n’occupe plus le trône qui faisait de lui l’athlète le plus vénéré de son équipe. Sa décevante saison et sa mauvaise attitude font ressortir davantage toutes les faiblesses du Canadien et montrent à quel point cette équipe est enlisée dans du sable mouvant, duquel elle n’est pas prête de sortir.

L’évidence crève les yeux. Le Canadien est totalement démuni de jeunes talents, qui devraient redresser le parcours de cette formation dans les années à venir. On ne voit rien à l’horizon. La relève, autant chez le Canadien que chez son équipe-école de Laval, est à faire pleurer tellement on ne peut désigner un seul joueur dominant.

Le groupe de Claude Julien n’a marqué que 182 buts jusqu’ici, seulement 12 de plus que l’Arizona et 10 de plus que Buffalo. Onze fois le Canadien a été blanchi et n’a marqué qu’un seul but dans 12 matchs. C’est très loin des 253 de Tampa, des 232 de Vegas et des 225 de Boston. En un mot le Canadien n’a aucune profondeur à tous les postes. Inutile de parler de la brigade défensive, la pire du circuit. Cette équipe ne s’est améliorée d’aucune façon depuis l’entrée en scène du directeur gérant, Marc Bergevin. Six ans c’est long comme perte de temps. Au contraire elle décline à vue d’œil. Le démembrement opéré par Bergevin est catastrophique, surtout lorsque l’on s’arrête sur les performances de P.K. Subban, qui montre une fiche de 15 buts 36 passes  et d’Alex Radulov avec 26 buts et 37 passes. Il y a deux ans à Pittsburgh, Crosby, Letang et Fleury ont raté une partie de la saison en raison de blessure. Les Penguins ont tenu le coup parce qu’ils comptaient sur des joueurs capables de compenser. En ce moment, les Bruins sont privés de leur meneur Bergeron et de piliers à la ligne bleue Chara et McAvoy ainsi que de Backes. Cela ne les empêche pas d’accumuler les victoires. Ils viennent de blanchir Tampa 3-0. Cela  est la différence avec une équipe qui n’a aucune profondeur ni réserve prête à graduer dans la Ligue nationale. Cela confirme le laxisme lors des séances de repêchage où leurs recruteurs n’ont pas eu le flair pour choisir les plus talentueux. Michael McCarron a signé son arrêt de mort dans la LNH, samedi, avec sa désastreuse performance à Toronto. L’échec devant les Leafs a révélé l’incroyable manque de talent à toutes les positions. Cette équipe n’a pris part qu’à une seule série au cours des trois dernières années. Ça dit tout. Les nombreuses transactions effectuées par Bergevin, depuis ses six années avec l’équipe, n’ont rien rapporté. La majorité des nouveaux étaient des joueurs abandonnés par d’autres formations. Tout est à refaire dans cette équipe. Les Hudon, Lehkonen, De La Rose, Danault, Shaw, Froese, Deslauriers, Carr, sont tous des joueurs de troisième ou quatrième trios. Il n’en reste pas beaucoup avec les attributs nécessaires pour former les deux premières lignes d’attaque. La grande majorité de ces joueurs ne seront plus sur les rangs le jour où cette équipe atteindra un statut respectable. Parce que ça prendra du temps avant de former une équipe de premier peloton. Aussi ce n’est pas le Klondike avec les Drouin, Galchenyuk et Pacioretty qui ne répondent aucunement aux attentes. Seul le petit guerrier Brendan Gallagher remplit son rôle à chacune de ses présences. Son courage et sa production obtenue par un effort constant en font le meilleur joueur du Canadien.

Le désordre

L’équipe démantelée par Bergevin n’est pas à une seule saison de retourner dans le giron des gagnants. Les marchés que le directeur gérant pourraient faire d’ici la prochaine saison ne vont pas non plus transformer une équipe aussi pitoyable. Il faudra plusieurs saisons pour repêcher des jeunes joueurs, qui pourront un jour devenir des meneurs. Pour y arriver Bergevin devra avoir le loisir de réclamer des joueurs au premier tour. Ceux choisis plus tard doivent faire leurs classes durant quelques années, avant de gravir les échelons. Les Rangers, eux, ont compris que le repêchage était la seule voie pour bâtir une équipe gagnante. Ils ont largué des joueurs importants. Ryan McDonagh, Rick Nash, J.T. Miller pour garnir leur banque de choix au repêchage. En juin, ils auront trois choix de première ronde et deux de la seconde. L’avantage qu’ils ont aussi sur le Canadien c’est que les agents libres sont intéressés à jouer à New York alors que très peu, pour ne dire aucun, projette de venir à Montréal, à l’exception de ceux qui sont en fin de carrière.

Il faudra des années à Bergevin pour récolter de jeunes véritables prospects, surtout un véritable centre et un défenseur de premier plan. Les statistiques montrent que chez les 30 meilleurs marqueurs on retrouve 16 centres, neuf ailiers gauches et cinq ailiers droits.

Chez le CH le premier pointeur, Brendan Gallagher, avec  44 points, loge alentour de la 60ème place.

Le nouveau hockey est construit avec des défenseurs capables de relancer et supporter l’attaque. Montréal est totalement démuni sur cet aspect surtout depuis le départ de Subban et Markov. Pire leur meilleur arrière Shea Weber n’a pas les habiletés pour jouer ce rôle.

Pas de doute, la traversée du désert de cette équipe sera un long périple lancinant.