Post-mortem décharné


Par Le soleil de la Floride

Les séries éliminatoires sont commencées depuis une semaine, mais au Québec on ne décroche pas encore de la conférence de presse post-mortem du propriétaire Geoff Molson et de son directeur gérant Marc Bergevin.

Ce que le bon peuple et la meute de journalistes ont surtout retenu de cette rencontre est l’attitude des joueurs au cours de la dernière saison et la promesse de Geoff Molson que les Hot Dogs seront meilleurs la saison prochaine.

 

On a bien sûr insisté qu’il y aura des changements dans l’organisation et sur la glace, d’ici le calendrier de l’automne, mais le duo Molson-Bergevin est resté muet sur ce que seront ces nouveautés qui font partie du fameux plan que l’on garde secret comme la troisième révélation de Fatima.

Il y a quelques semaines, nous avions dans cette chronique affirmé que la bisbille régnait dans ce vestiaire comme c’est généralement le cas chez les équipes désespérées. L’attitude de plusieurs joueurs a tenu une grande place dans les propos de Marc Bergevin, qui a confié que ce malaise remontait au début de saison.

Si la zizanie s’est installée dès le camp d’entraînement, comment se fait-il que Bergevin et Julien, qui sont payés cinq millions par année, aient été incapables de ramener les récalcitrants à une meilleure contribution? Doit-on douter de leurs capacités? Lorsque les choses se gâtent dans une équipe, tout sport confondu, il est du ressort du directeur gérant et de l’instructeur de redresser la situation. Il faut se rappeler les propos de Shea Weber après quelques défaites, lors des matchs pré-saison. « Nous ne sommes pas prêts », avait-il révélé devant les scribes. Ses propos étaient suffisants pour sonner une alarme à l’endroit des patrons. Marc Bergevin a attendu l’après-saison pour étaler ce vilain climat. À ce point de vue,  Bergevin et Julien, ainsi que leurs assistants, ont failli à leurs responsabilités.

 

Carey et Max

Carey Price et le capitaine Max Pacioretty ont été les cibles de Bergevin, lors de ce post-mortem. L’attitude négative de ces deux vétérans est condamnable bien sûr, mais c’est l’état-major qui avait le devoir de trouver une solution à cet air vicié dans la chambre. Price et Pacioretty s’étaient sûrement présentés au camp d’entraînement avec une immense déception, celle de savoir que les décisions de Bergevin avaient fait douloureusement régresser cette équipe.

 

Les échecs de leur directeur gérant de renouveler les contrats d’Andrei Markov et Alex Radulov avaient miné l’espoir d’un meilleur sort pour leur équipe. Bergevin a sûrement assommé davantage ses deux joueurs, et quelques autres, lorsqu’il a embauché les Alzner, Schlemco, Streit, Morrow et Hemsky pour compenser la perte de joueurs dominants comme Markov et Radulov et même Emelin. Si Claude Julien n’a pas eu la carapace pour ramener tout son monde à l’ordre et tirer le meilleur de sa troupe, il n’a pas été l’instructeur idéal. Et comment se prendra-t-il la saison prochaine pour que tout son monde garde le pas?

 

Sa crédibilité doit en avoir pris un coup auprès de ses ouailles. Sa seule défense est de penser que son directeur gérant ne lui a pas donné les outils essentiels. Mais de là à terminer parmi les éclopés, Julien doit lui aussi faire son mea culpa. Bien que Geoff Molson et Marc Bergevin affirment que l’équipe fera un progrès suffisant pour prendre part aux séries éliminatoires, l’an prochain, on peut s’interroger sur les moyens qu’ils ont pour en arriver là. Le prochain repêchage leur fournira, tout au plus, un seul joueur en mesure de joindre l’équipe. Le marché des agents libres se limite à seulement quelques joueurs dominants qui, c’est certain, ne choisiront pas une équipe en plein merdier. C’est connu depuis longtemps que la relève dans les rangs mineurs est inexistante.

 

Le Canadien a remporté seulement neuf victoires sur une possibilité de 48 contre les équipes qui participent en ce moment aux éliminatoires. La pente ressemblera à l’Everest l’an prochain. Le post-mortem de Geoff Molson et Marc Bergevin en a été un de relation publique qui a laissé la majorité des chroniqueurs et des partisans sur leur appétit. Rien de ce qu’ils ont dit n’est suffisamment transparent pour croire à un véritable redressement de cette équipe.