Repartir à zéro


Par Le soleil de la Floride

Le Canadien de Montréal est en pleine tourmente. Et ce n’est pas ce congé de cinq jours qui va régler ses problèmes.

La gangrène est tellement profonde que le propriétaire, Geoff Molson, devrait une fois pour toute cesser de demander à ses hommes de hockey d’amener son équipe aux séries éliminatoires et de repartir à neuf.

Le Canadien rejoint le rang des pires de la Ligue depuis des mois. Heureusement que son début de saison, avec 13 victoires, une défaite et un point obtenu en prolongation, lui a permis de prendre une avance confortable. Sinon, le Canadien se retrouverait avec les misérables du circuit.

Michel Therrien doit se sentir sur un siège éjectable en ce moment puisque les siens viennent d’encaisser six revers en sept matches, leur seul gain obtenu en surtemps devant les piètres Coyotes de l’Arizona.

Le Canadien n’a pas remporté la Coupe Stanley depuis 23 ans. Si l’état-major et Geoff Molson s’entêtent à trouver des solutions autres que le repêchage des meilleurs joueurs juniors, sa disette des grands honneurs durera une autre éternité.

La preuve est faites par mille que bâtir une équipe pour l’ultime succès passe par une culbute au classement de façon à mettre la main sur des surdoués.

Et justement, chez le Canadien, on ne trouve aucun grand talent à l’exception de Max Pacioretty et Alexander Radulov, qui peuvent peut-être prendre la poudre d’escampette à la fin de la saison pour jouer avec une équipe gagnante.

Cette offensive est tellement démunie qu’elle a été blanchie trois fois dans les cinq dernières rencontres.

Pour le reste, ce sont tous des joueurs interchangeables. Une équipe sans un premier centre avec des défenseurs dans la moyenne et un seul trio, capable de marquer des buts, est vouée à l’échec ou à un bref passage en série de fin de saison, si bien entendu elle parvient à s’y rendre.

La tenue du Canadien depuis la mi-novembre est désolante. Cette équipe n’a remporté que 18 victoires à ses 43 dernières sorties.

Carey Price a été le seul responsable des succès de la saison 2014-2015.

En son absence l’an dernier, son équipe en n’était plus une. Price est en plein marrasse et ne parvient plus à tenir le fort. Sa tenue est affreuse et plus personne ne parle du meilleur gardien sur la planète. Sans ses miracles, il est facile de voir que cette équipe montre peu de talent, autant en attaque qu’à la ligne bleue. Et plus inquiétant encore, Marc Bergevin ne compte aucun surdoué dans son organisation pour prendre éventuellement la relève.

Ce qui signifie que la marche dans le désert sera douloureuse. Les recruteurs ont fait maintes fois fausse route ces dernières années. Au point que l’on peut se demander comment il se fait qu’ils sont encore en poste. Les choix des Tonelli, Leblanc, McCarron, De La Rose, pour ne nommer que ceux-là sont des ratées des dépisteurs.

Tout comme les agents-libres acquis dans l’espoir justement d’atteindre les éliminatoires.

Le propriétaire de l’équipe tient aux revenus faramineux des séries puisque les joueurs ne reçoivent plus de salaire une fois le calendrier régulier terminé.

Le Canadien ne décrochera jamais le gros trophée avec une formation qui compte une seule ligne offensive et deux troisièmes trios et un quatrième qui ne va nulle part.

Bergevin voudrait bien passer par des échanges pour ressusciter son clan, mais il n’a rien à offrir.

Alex Galchenyuk est une véritable déception et sa valeur est en déclin. L’acquisition d’Andrew Shaw est une erreur flagrante. Shea Weber, on ne le voit plus et Nathan Beaulieu ne sera jamais plus qu’un sixième défenseur.

Cette équipe est trop petite pour aller loin. On l’a vu plus que jamais lors de la défaite de 4-0, à Boston dimanche.

Bien sûr que la tête de Michel Therrien est mise à prix. Il dirige les joueurs que lui offre Marc Bergevin.

Il n’est pas sans faute. Et les derniers événements concernant le remplacement de plusieurs instructeurs ne doivent pas le rassurer.

À voir son équipe jouer, on peut se demander si ces jeunes millionnaires n’ont plus le goût de se défoncer pour lui.

Depuis que Doug Weight a pris la barre, les Islanders ont ramassé 18 points au classement sur 24.

Bruce Cassidy a mené les Bruins à trois victoires en trois parties depuis qu’il remplace Claude Julien, Et à St-Louis, les Blues ont gagné cinq fois en six rencontres depuis l’arrivée de Mike Yeo.

Plutôt que de congédier l’instructeur, Geoff Molson devrait s’attarder à rebâtir son personnel de recruteurs, accepter quelques saisons de misère pour enfin offrir du vrai talent aux amateurs qui paient très cher pour voir son équipe en lambeaux.

Ce que l’on a plus vu depuis les beaux jours de Guy Lafleur.