Tallon à la croisée des chemins

Tallon à la croisée des chemins


Par Le soleil de la Floride

Le directeur-gérant des Panthers de la Floride, Dale Tallon, se retrouve dans une situation idéale pour améliorer son équipe afin qu’un jour elle devienne dominante.

Pas dans le but de participer aux séries éliminatoires. La marche est trop haute maintenant. Mais avec l’objectif de transformer son équipe en une formation gagnante pour les années à venir.

Plusieurs équipes vont, d’ici le 25 février, laisser partir des joueurs de valeur pour procéder à une reconstruction tandis que d’autres formations vont échanger de futurs agents libres qui laissent un fort doute sur le renouvellement d’un contrat avec leur équipe.
Le manque de respect de John Tavares à l’endroit des Islanders, l’été dernier, a sûrement sonné la cloche chez certains directeurs gérants. Tavares savait très bien qu’il voulait poursuivre sa carrière à Toronto et quitter l’équipe, qui lui avait permis de devenir une étoile dans la LNH. Mais il a toujours laissé planer le doute qu’il pourrait demeurer à New York, question de faire monter les enchères. Ce qui lui a valu de défoncer le coffre-fort des Leafs et laisser son Alma Mater en plan.

Dorénavant les dg seront plus
prudents.

Le directeur-gérant des Flyers de Philadelphie a fait savoir que seul Claude Giroux, son capitaine, était l’intouchable de sa formation. Sean Couturier et Wayne Simmonds sont attrayants pour n’importe quelle équipe. Chuck Fletcher a peut-être parlé trop vite alors que les Flyers viennent de remporter sept matchs en ligne.

Mais c’est vers Columbus que
Tallon devrait regarder.

Son homologue Jarmo Kekäläinen se retrouve dans une position très inconfortable parce qu’Artemi Panarin et Sergei Bobrovsky refusent de discuter de renouvellement de contrat pour la saison prochaine. Il est évident que ces deux joueurs vont jouer ailleurs en octobre 2019. Les Panthers traînent depuis suffisamment d’années dans les bas-fonds du circuit pour donner un grand coup et compléter un alignement digne d’une puissance de la NHL.

Tallon doit passer à l’action et ajouter quelques joueurs qui viendront se joindre aux meilleurs que sont les Barkov, Huberdeau, Hoffmann, Trocheck, Dadonov. Les besoins sont identifiés. Un attaquant de haut niveau, un arrière doué défensivement et un gardien de but capable de voler des matchs. C’est ce qui est nécessaire pour permettre aux Panthers de sortir une fois pour toute du bourbier.

C’est surtout sur le marché des joueurs autonomes qu’il négociera.

Il vient d’entreprendre justement ce redressement en envoyant Nick Bjugstad et Jared McCann à Pittsburg en retour de Derick Brassard et Riley Sheahan, deux joueurs qui ne seront que de passage en Floride. En posant ce geste, Tallon a allégé sa masse salariale en se débarrassant du contrat de deux autres saisons à 4,1 millions de Bjugstad et de celui de 1,3 million de McCann. Tallon ne renouvellera pas l’entente de Brassard qui touche cinq millions à sa dernière année de contrat, ni celle de Sheahan.

Le directeur gérant des Panthers a obtenu trois choix de repêchage dans cette transaction, un de deuxième tour et deux de quatrième ronde. Il pourrait échanger Brassard pour d’autre choix de repêchage d’ici quelques semaines comme il l’a d’ailleurs laissé entendre. De toute évidence Tallon fait aussi le plein de choix de repêchage. Mais il gonfle surtout son coffre-fort pour s’armer en prévision de la séance des agents libres, l’été prochain. Il ne faudra pas se surprendre qu’il laisse partir un ou deux autres joueurs avant le 25 février alors que des équipes tenteront de s’améliorer pour se dénicher une place en éliminatoire ou pour avancer dans les prochaines séries.

Le défenseur Micheal Matheson est en demande, particulièrement de la part du Canadien de Montréal qui cherche un arrière gaucher pour compléter un duo avec le capitaine Shea Weber. Mais qu’est-ce que Marc Bergevin peut-il offrir à son ami Tallon pour les services de Matheson ? Rien de ce qu’a besoin les Panthers. À moins d’un contrat de quelques millions de dollars qui prendra fin le 6 avril. Sûrement que d’autres directeursgérants peuvent être intéressés aux services de Matheson. Jusqu’ici cet arrière ne répond pas aux espoirs et son départ permettrait d’économiser un autre gros lot de 4,850 millions valide pour sept saisons. Ouf !

Puis plusieurs joueurs ne seront pas de retour l’an prochain dont MacKenzie, Haley, Wideman et McGinn déjà placés sur la liste des décomptés. Avec la hausse du cap salarial l’an prochain, Tallon aura près de 25 millions de dollars en banque pour attirer un ou deux joueurs dominants qui transformeraient son équipe. Tallon sera vendeur d’ici le 25 février. C’est lors de l’encan de juillet des agents libres qu’il passera à l’action et deviendra acheteur. Il va sûrement porter une attention particulière sur ce qui se passera chez les Blue Jackets où Artemi Panarin et Sergei Bobrovsky se trouvent. Ces deux joueurs risquent bien de devenir des joueurs de transition pour la fin du calendrier et des éliminatoires, mais ils attendront l’été prochain pour profiter de leur statut de joueur autonome. C’est à ce moment que Tallon pourra entrer dans la danse et tenter de frapper un coup de circuit. D’autant que certaines informations laissent entendre que Panarin aimerait s’amener en Floride. Puis Tallon se cherche un gardien de haut niveau. Bobrovsky serait la prise idéale.

Les deux vedettes de Columbus vont coûter cher. Tallon a effectivement les outils pour redresser la barre. Il doit donc poursuivre son ménage pour garnir son budget afin de payer des joueurs qui apporteront une toute autre dimension aux Panthers. Les Panthers ne peuvent plus attendre. Leurs partisans désertent le BB&T Center d’année en année. Le moment est venu de donner un coup de barre d’autant que le noyau productif de l’équipe atteint sa maturité. Plusieurs recrues de l’organisation montrent beaucoup de talent. Henrik Borgström, Owen Tippett, Aleksi Heponiemi, que l’on décrit comme un futur Johnny Gaudreau, Grigori Denisenko et les défenseurs Ian McCoshen et Josh Brown, sont tous promis à un bel avenir dans le hockey professionnel. Puis en juin, son équipe sera probablement parmi les six premières à réclamer un autre jeune prometteur.

Dale Tallon est à la croisée des chemins. Cette fois il ne peut laisser le train passer sans réagir. Sinon, un échec l’an prochain en serait un de trop pour son équipe et pour lui.