« Trop c’est comme pas assez »


Par Le soleil de la Floride

Lorsque les Panthers de la Floride ont raté les dernières éliminatoires, par un petit point au classement, c’était la 15ème fois qu’ils en étaient exclus, au cours des 17 dernières années.

Depuis leur entrée dans la Ligue nationale, il y a 24 ans, les Panthers ont pris part seulement cinq fois au bal printanier, connaissant une totale sécheresse entre les saisons 2000-2001 et 2010-2011. Au cours des six derniers calendriers, cette équipe s’est contentée de deux brefs passages en série, soit contre les Devils en 2011-2012 et les Islanders en 2015-2016.

Il est plus que temps que ces Panthers s’invitent dans le groupe des gagnants et y restent pour un certain temps. On peut comprendre le désintéressement des amateurs en regardant ce maigre dossier au fil des années. On pourrait passer en revue tout le dernier calendrier et pointer maintes occasions ratées où cette équipe a bêtement laissé filer ce petit point qui leur aurait permis de prolonger leur saison.

Une meilleure performance d’un gardien un certain soir, une échappée ratée, un tir de barrage gaspillé et quoi encore aurait fait la différence?

Mais pour expliquer ce cauchemar que vivent les joueurs des Panthers, il vaudrait mieux remonter à un peu plus loin. La décision du directeur gérant, Dale Tallon, de laisser filer Jonathan Marchessault et Reilly Smith à Las Vegas est l’erreur qui a coûté cette exclusion du bal printanier. Il est inévitable de revenir sur cette immense bourde pour expliquer cette exclusion des éliminatoires et surtout de saisir les conséquences de la perte de ce marqueur, autant lors du dernier calendrier que pour les prochaines saisons.

Tallon a accepté de libérer Marchessault à la condition que Georges McPhee, son homoloque des Knights, accepte de le soulager du contrat de Smith. Ces deux anciens Panthers sont, avec leur joueur de centre William Karlsson, les principaux artisans des succès inespérés de leur formation. Ce trio n’a jamais ralenti tout au long du calendrier, demeurant l’un des plus productifs de toute la Ligue nationale. Marchessault a enfilé 27 buts et Smith en a marqué 22.  On peut s’interroger sur les succès et les dividendes que ces deux joueurs auraient fourni aux côtés de Vincent Trocheck, le meilleur buteur des siens avec 31 buts. On n’a jamais trouvé le troisième joueur capable de compléter son trio.

Trocheck a dû se dépêtrer avec une chaise musicale.

Il aurait été préférable de protéger cinq attaquants et seulement trois défenseurs plutôt que quatre attaquants et quatre arrières. Dans ce cas, les Panthers auraient laissé l’ailler Nick Bjugstad et Alex Petrovic sans protection. Aucun doute que les Panthers n’auraient pas eu à piocher toute la saison pour rejoindre les Flyers, Blue Jackets et Devils. Ils les auraient certainement devancés.

Les Panthers porteront leur deuil au cours des six prochains mois. Tallon justifie cette décision par une question de gros sous, particulièrement en raison du contrat de cinq millions accordé à Reilly Smith pour cinq ans, par Tom Rowe, que le propriétaire Vincent Viola avait placé dans la chaise de Tallon, ce dernier étant en punition pour la saison 2016-2017. Rowe était celui qui avait acquis les services de Marchessault, un joueur au salaire minimun dans les 800 000 $.

Il n’est pas téméraire de juger ces mauvaises décisions de Tallon comme une revanche à l’endroit de Rowe, qui avait, à l’exception d’embaucher Marchessault, multiplié les gaffes portant ombre à l’équipe. Il aurait été plus profitable aux Panthers que Tallon montre un peu plus d’humilité en protégeant le marqueur qu’est Marchessault et en lui offrant un contrat de  plusieurs saisons.

 

L’automne prochain

Dale Tallon est sûrement conscient qu’il a erré dans ce dossier. Il ne lui reste plus qu’à trouver quelques nouveaux éléments capables de produire davantage que ces quelques joueurs moins doués, qui faisaient partie de son alignement au cours de la dernière saison.

Tallon ne déroge tout de même pas de son plan. Il vient de faire savoir qu’il ajoutera de jeunes joueurs l’automne prochain. Il estime qu’Henrik Borgström et Owen Tippett seront en mesure de se tailler une place au sein de sa formation. Il devra leur faire une place, ce qui signifie que quelques membres de la dernière édition ne seront pas de retour.

Radim Vrbata vient d’annoncer sa retraite, ce qui laisse un poste vacant. Tallon pourrait racheter des contrats d’autres joueurs. Connor Brickley devient agent libre sans compensation. Derek MacKenzie, Micheal Haley et Jamie McGinn ont encore une saison à leur entente. Il se pourrait qu’un ou deux de ces joueurs soient rachetés. McGinn est l’un de ceux-là. Il lui reste une année à 3,333 millions de dollars. C’est cher payé pour un marqueur de 13 buts.

On verra si Tallon magasinera lors de la séance de repêchage des juniors, le 22 juin prochain, puis le premier juillet lorsque le marché des agents libres sera ouvert. Au cours de la deuxième demie de la dernière saison, les Panthers ont affiché le meilleur bilan du circuit.

 

Cette poussée n’a pas été suffisante.

Lorsque les joueurs reviendront au BB&T Center l’automne prochain, Dale Tallon devra avoir greffé quelques éléments de qualité afin de permettre à son équipe de sortir une fois pour toute des négligés.

 

Que ce soit de jeunes prospects ou de nouveaux vétérans, ces joueurs devront faire la différence. Avec Marshessault, Tallon n’aurait pas à faire des acrobaties pour compter sur ses six premiers attaquants qui formeraient deux trios productifs. Une quinzaine de patineurs auront 26 ans et moins, au début de saison.

 

Le temps sera venu pour les Panthers de joindre les meilleures équipes de la Ligue nationale. Un autre échec serait de trop.