Trop peu, trop tard

Trop peu, trop tard


Par Le soleil de la Floride

Les Panthers de la Floride ont connu une deuxième demie de saison au-delà de leur espérance.

 

Malheureusement, dans la première portion du calendrier, ils ont trop souvent trébuché, ce qui les a empêchés de devancer les Devils du New Jersey dans le dernier droit.

Depuis des semaines, les hommes de Bob Boughner ont tenté de rattraper les Devils. Mais ces derniers ont évité scrupuleusement de céder le pas,  accumulant victoire sur victoire.

Les écueils connus au mois d’octobre et janvier ont coûté très cher aux Panthers. Dans le premier mois de la saison, ils ont été limités à quatre gains en 11 sorties et, en janvier, ils ont montré un bilan, pire encore, avec seulement trois victoires et sept échecs. Ces deux pénibles séquences leur ont coûté un laisser-passé pour le bal printanier. Leur manque de constance aura été mortel. En février et en début mars, ils se sont vraiment redressés. Entre le 30 janvier et le 10 mars, les Panthers ont remporté 16 victoires en 19 départs. Mais ils n’ont jamais été capables de coiffer les Devils. Les trois défaites dans la troisième semaine de mars, deux aux mains des Sénateurs et celle devant les Oilers, ont stoppé leur marche et écarté leurs espoirs. La dernière étape du calendrier ne les favorisait aucunement, devant jouer quatre fois en six soirs, à deux occasions. Toutefois, ce qui a été le facteur le plus coûteux pour les Panthers aura été l’incapacité de l’entraîneur Bob Boughner de trouver un joueur capable de compléter le duo Trocheck-Huberdeau. Tous les ailiers ont tenté leur chance mais aucun n’est parvenu à remplir la tâche. Boughner avait décidé de déplacer Jonathan Huberdeau pour le faire jouer avec Trocheck, scindant le duo Barkov-Huberdeau, qui trimait ensemble depuis leur arrivée avec l’équipe. Cette décision n’a pas été bénéfique pour Huberdeau, qui n’a pas touché le fond du filet du 8 au 27 mars. Elle n’a pas été salutaire non plus pour Barkov, qui n’a  marqué qu’une fois à ses 14 derniers matchs. L’ailier gauche n’était pas le complice idéal de Trocheck qui, contrairement à Barkov, est plus radin lorsque vient le temps d’alimenter son compagnon de ligne. Malgré ses 25 buts, Huberdeau devenait moins à l’aise et moins productif. On ne saura jamais si la situation aurait été préférable de laisser Huberdeau avec Barkov. Mais une chose est certaine, leur production aurait gonflé davantage.

 

Borgström

Dale Tallon est tout de même satisfait de ce qu’il a vu dans la deuxième partie du calendrier.

Il sait que l’an prochain, d’autres joueurs talentueux se joindront à sa formation. On peut penser qu’il fera une place au jeune Owen Tippett, tandis qu’il est certain que le surdoué Henrik Borgström deviendra un membre régulier des Panthers. On vient de lui faire signer un contrat de trois ans. Il porte l’uniforme des Panthers depuis jeudi dernier.

Borgström est considéré comme l’un des trois meilleurs joueurs de la NCAA (National Collegiate Athletic Association), sinon le meilleur. Il a fasciné les instructeurs de ce circuit universitaire en accomplissant des prouesses avec l’équipe de l’Université de Denver. Tous les entraîneurs des autres équipes sont heureux de le voir quitter la NCAA, parce qu’ils n’auront plus à adopter des systèmes pour le contrer. Leur appréciation envers Borgström explique bien pourquoi on lui a accolé le surnom de l’Artiste. Henrik Borgström sera un joueur étoile dans la Ligue nationale. L’an prochain, il pourra faire la différence chez les Panthers, qui auront besoin d’un peu plus de talent pour atteindre les séries éliminatoires.

En deux saisons à Denver, il a enfilé 45 buts et 50 passes en 77 matchs. Mais au-delà de ces chiffres, c’est sa façon de rendre ses coéquipiers meilleurs qui en fait un surdoué. Son gabarit est impressionnant et l’avantage, il fait 6’ et 3’’ et pèse 190 livres. Au cours de l’été, ce joueur de centre ajoutera à sa stature.

 

On ne peut prévoir quel poste il occupera puisque les Panthers comptent sur deux centres dominants en Aleksander Barkov et Vincent Trocheck. Son entraîneur devra lui trouver une place sur les deux premières lignes d’attaque, ce qui signifie qu’on pourrait le transformer en ailier.

 

Les entraîneurs

L’entraîneur du Colorado College, Mike Haviland, ne tarit pas d’éloge pour l’Artiste. « Je n’ai plus besoin de le voir contre nous », dit-il. « Il est un joueur avec des mains incroyables et une vision exceptionnelle. Il était avec 6’ et 3’’ le plus grand de la ligue et il sait s’en servir. Il n’a peur de rien. Il est incroyable pour transporter la rondelle en zone adverse », dit-il.

 

Mike Gabinet, instructeur de l’équipe d’Omaha, vante sa capacité à se défaire d’un défenseur et son habilité à faire mal paraître un gardien de but. « Il manie la rondelle de façon exceptionnelle, et son coup de patin devient un embarras pour ceux qui l’affrontent», de dire Gabinet. Un autre entraîneur de la NCAA, Frank Serratore, affirme que ce joueur possède tous les atouts que vous ne pouvez enseigner. « On peut apprendre à jouer défensivement, mais on n’apprend pas l’aspect offensif. C’est un avantage inné chez un hockeyeur ».

 

Enrico Blasi, l’entraîneur de l’équipe masculine de hockey de l’Université de Miami, affirme que Borgström fera lever ses partisans de leur siège. « L’adversaire doit savoir quand il est sur la glace. Cela signifie qu’ils sont menacés. Il faut être intelligent quand on l’affronte ».

 

Les Panthers de la Floride laissent encore une fois leurs partisans sur leur appétit. L’an prochain il ne sera pas suffisant de parler d’espoir. Dale Tallon devra trouver le talent nécessaire pour amener cette équipe en série éliminatoire.

 

Les Panthers n’auront plus droit à un échec sans en payer le prix.