La folle spirale

La folle spirale


Par jean-marc

Le hockey de la Ligue nationale prend tout un tournant qui bouscule les habitudes, lesquelles touchent les jeunes joueurs terminant leur contrat d’entrée de trois saisons dans le circuit.

Au cours des dernières années, les patineurs qui avaient fait leur marque lors de leur arrivée dans le circuit s’empressaient de parapher des ententes de cinq à six ans pour des fortunes de 25 à 30 millions.

C’était le cas de Jonathan Huberdeau et d’Aleksander Barkov des Panthers, comme plusieurs autres dans différentes formations.

Mais là, la situation emprunte une autre avenue qui coincera, au cours des prochaines saisons, les formations face à l’appétit insatiable des jeunes surdoués qui  montrent dès leur début une dominance prometteuse dans la Ligue nationale.

Le cas de Mitch Marner, qui vient de faire sauter la banque chez les Leafs avec un contrat de six ans à près de 11 millions par saison, ouvre la porte aux plus talentueux comme l’avait fait son coéquipier Auston Matthews.

D’autres joueurs surdoués de 22 et 23 ans, qui n’ont pas pilé la banque comme Marner, choisissent un contrat-passerelle d’un,  deux ou trois ans en estimant atteindre des performances étincelantes pour se sauver avec le pactole lorsque viendra le temps de signer une entente de six, sept ou huit ans avec un camion de la Brinks pour se rendre à la banque.

P.K. Subban avait profité de cette situation pour arracher une fortune à Geoff Molson.

C’est ce que vient de faire le défenseur des Bruins de Boston Charlie McAvoy en acceptant un contrat-passerelle de trois ans pour 14,7 millions de dollars.

McAvoy n’a que 22 ans, ce qui signifie qu’à 25 ans, il touchera environ dix millions de dollars et plus, d’autant qu’il est déjà considéré comme le meilleur arrière de son équipe.

L’attaquant des Canucks de Vancouver, Brock Boeser, également à 22 ans, a imité McAvoy en signant un contrat de trois ans pour 17 625 millions, ce qui lui permettra également de faire sauter la banque en 2022.

Depuis quelques saisons, de plus en plus de recrues font le saut dans la LNH, poussant à la retraite de nombreux joueurs de 36, 37 et 38 ans.

Mais l’arrimage entre les excellents joueurs en début de la trentaine et les nombreux gradués va davantage compliquer le travail des directeurs gérants qui devront sûrement sacrifier des patineurs talentueux en raison des exigences de certains de leurs protégés.

Chez plusieurs équipes, déjà cinq et six joueurs bouffent 50 % de la masse salariale.

Cette spirale ne va pas s’arrêter. Dans cinq ou six ans, on verra un Connor McDavid  toucher plus de 16 millions de dollars par saison. Il touche en ce moment 12,5 millions par saison et il entreprend la troisième saison de son entente de huit ans avec les Oilers.

Devant cette situation, on peut estimer que la parité qui rend le hockey de plus en plus intéressant, depuis cinq ou six années, risque de perdre son lustre parce que les équipes moins nanties ne pourront plus rivaliser avec les formations riches, capables d’embaucher les meilleurs avec des contrats de 15 millions par saison.