Tallon, Marchessault et les jeunes

Tallon, Marchessault et les jeunes


Par Le soleil de la Floride

Le directeur gérant des Panthers de la Floride, Dale Tallon, n’a pas l’intention de brasser son plan à la veille de la période des échanges, qui se terminera le 26 février. Plusieurs équipes vont liquider des joueurs tandis que d’autres tenteront d’ajouter de la profondeur à leur formation, dans le but d’arracher une place dans les séries éliminatoires ou même dans l’espoir d’être de sérieux candidats à la Coupe Stanley.

 

« Une chose est certaine, je ne toucherai pas au cœur de notre équipe formée par les jeunes talents sur qui nous comptons pour gravir les échelons au cours des prochaines saisons », a précisé Tallon au Soleil de la Floride. « Ce qui s’est passé la saison dernière a interrompu notre progression. Mais nous comptons sur de jeunes talents dans nos rangs mineurs et nous allons les attendre pour compléter une équipe gagnante. La seule chose que je pourrais faire c’est d’acquérir un joueur qui possède un contrat de quelques saisons et qui nous apporterait une véritable contribution. Et tout dépendrait du prix à payer », ajoute-t-il.

 

Dur coup

La défaite de 3 à 1 contre les Kings de Los Angeles, vendredi soir à Sunrise, a porté un dur coup aux Panthers de la Floride qui venaient d’aligner quatre victoires dans la course à d’une place en série éliminatoire. Plutôt que se rapprocher des Flyers et des Islanders, avec plus de parties à jouer, ils ont creusé l’écart. Cet échec est plus douloureux puisque les Panthers partent sur la route pour une durée de 12 jours dans l’Ouest canadien, où ils disputeront cinq matchs. C’est un gros nuage noir à l’horizon parce que cette équipe montre un bilan déficitaire à l’étranger de 14 défaites en 24 parties, ayant accumulé seulement 23 points sur une possibilité de 48.

 

Les départs

On s’interroge toujours sur la décision de Tallon de ne pas avoir pris tous les moyens pour protéger Jonathan Marchessault, lors de la séance de repêchage de l’expansion, qui a amené les Golden Knights de Las Vegas dans la Ligue nationale. Pas plus qu’on ne comprend l’échange qui a envoyé Reilly Smith aux mêmes Knights en retour d’un choix de quatrième ronde au repêchage des juniors.

 

Marchessault, qui a marqué 30 buts pour les Panthers, la saison dernière, en a déjà enfilé 20 en plus de 34 passes, avant le match de mardi contre Chicago, tandis que Smith montre une fiche de 16 buts et 30 passes, un total de 100 points pour les deux ex-Panthers, membres du premier trio des Knights, avec le centre William Karlsson. Ces trois joueurs forment l’une des meilleures lignes d’attaque du circuit. Il est évident que si ces deux joueurs appartenaient toujours aux Panthers, cette équipe devancerait en ce moment les Flyers, les Islanders et les Hurricanes pour ne pas dire qu’elle serait probablement assurée d’une place pour le bal du printemps prochain.

Si la liquidation de ces deux joueurs est une tache au dossier de Tallon, le directeur gérant y va d’une explication pour justifier ses décisions. « Nous avons choisi de protéger quatre défenseurs et quatre attaquants plutôt que trois arrières et cinq joueurs offensifs. Pourquoi? dit-il. Nous n’avions pas dans notre organisation un autre défenseur prêt à faire le saut. Puis les contrats mirobolants accordés la saison dernière nous plaçaient dans une mauvaise situation financièrement ».

Tallon ne prononce pas le nom de Tom Rowe, cet incompétent qui a saboté son plan lorsqu’il l’a remplacé l’an dernier, à la suite de la mauvaise décision du propriétaire Vincent Viola de tasser Tallon de son poste de directeur gérant. Rowe a dépensé des millions de dollars en accordant des contrats qui ne tenaient pas la route.

Si Tallon a opté de protéger quatre défenseurs, il semble qu’il aurait été préférable de libérer Nick Bjugstad, 4,1 millions par saison, plutôt que Marchessault, qui est beaucoup plus productif. D’autant que l’athlète de Québec commandait un maigre salaire d’environ 750 mille dollars pour la présente saison.

Le directeur gérant se défend en faisant allusion à ce qu’aurait coûté le renouvellement d’une entente avec Marchessault, qui vient d’obtenir un pacte de cinq ans à six millions par saison avec les Knights.

Pourtant le départ de Jason Demers (3,9 millions) et le salaire de 4,1 millions de Bjugstad auraient permis de garder Marchessault, dont le départ est considéré comme une très grosse erreur.

Les Panthers rateront encore une fois les séries de fin de saison, mais Dale Tallon ne perd pas espoir pour autant. Plusieurs jeunes cognent à la porte de l’équipe. « Nous comptons sur d’excellents espoirs dans notre organisation et nous allons leur donner toutes les chances de graduer, dès l’an prochain ». Henrik Borgström est le plus près. Un talent incontestable. Owen Tippett, qui a joué quelques matchs cette saison avec les Panthers, devrait lui aussi se joindre à l’équipe. Ils sont les deux premiers choix des Panthers. « Puis les attaquants Jayce Hawryluk, Adam Mascherin, le défenseur Josh Brown font beaucoup de progrès à Springfield, dans la Ligue américaine », insiste Tallon. Le directeur gérant reste fidèle au plan qu’il s’était fixé à son arrivée ici. Il refuse de transiger ses choix de repêchage parce que c’est la meilleure façon de construire une équipe d’avenir.

Si on peut lui reprocher le départ de Marchessault et même de Smith, on peut espérer que sa patience permettra d’ici deux ans, peut-être même la saison prochaine, de voir enfin les Panthers loger dans le peloton des vainqueurs.