Une illusion ?


Par Le soleil de la Floride

Le Canadien de Montréal rate donc les séries éliminatoires pour une troisième fois en quatre saisons, au cours desquelles
il n’a pris part qu’à une seule ronde.

Ce qui fait que le bilan du directeur gérant, Marc Bergevin, qui en était à sa septième saison, n’est pas très reluisant bien que les analystes considèrent que son équipe ait fait un très grand pas en avant lors de la dernière campagne en accumulant 23 points de plus. Mais cette équipe avait été tellement médiocre l’an dernier que ce bond doit être vu comme normal et non comme un exploit. Toutefois ce résultat pourrait bien être illusoire.
La direction va maquiller la situation en parlant d’un immense progrès. Le duo Bergevin-Molson va dorer la pilule aux partisans qui vont s’alimenter de la fin palpitante du calendrier. Pourtant, l’objectif de chaque formation de la LNH est d’atteindre les éliminatoires. Ceux qui n’y parviennent pas sont méprisables.
Si sur certains aspects Bergevin a fait progresser sa formation, on doit dire que dans d’autres situations il a raté la coche.
Si son équipe n’a pu doubler les Blue Jackets de Columbus, c’est qu’il a refusé de transiger pour faire l’acquisition d’un joueur dominant lors de la période des transactions. Avec l’addition d’un marqueur, ses chances de devancer Columbus auraient été sûrement plus favorables.
On peut s’interroger sur le devenir de cette équipe. Cinq joueurs ont connu la meilleure saison de leur carrière. Qu’est-ce qui dit que les Domi, Tatar, Gallagher, Danault et Petry répèteront l’an prochain ?
Le Canadien ne compte aucun prospect de grand talent chez le Rocket de Laval. Il est évident que d’autres formations telles que les Panthers, les Flyers, les Sabres, les Devils et les Hurricanes s’amélioreront l’an prochain.
Bergevin devra trouver un solide défenseur gaucher capable de remplir le rôle de quart arrière sur sa misérable attaque à cinq et un franc-tireur s’il ne veut pas voir sa troupe manquer les séries pour une troisième saison consécutive, ce qui serait inacceptable à Montréal. Il lui faudra aussi obtenir un deuxième gardien capable de seconder Price. On peut aussi s’interroger sur le choix du frêle Jesperi Kotkaniemi comme troisième choix au repêchage de juin dernier de préférence à l’impressionnant Brady Tkachuk, devenu, dès sa première saison, l’un des meilleurs joueurs des Sénateurs d’Ottawa. La meute montréalaise s’extase devant Kotkaniemi qui montre une fiche de 34 points, dont 11 buts, aucun à l’étranger. Le bilan de Tkachuk est beaucoup plus impressionnant avec ses 45 points, dont 22 buts, sans compter qu’il s’impose physiquement. Rien ne laisse prévoir que Kotkaniemi deviendra un premier joueur de centre comme l’espérait l’organisation lorsqu’elle l’a repêché.
Il y a lieu de s’interroger sur sa capacité à remplir ce rôle.
Quant à Tkatchuk, il sera un marqueur de 30 buts et plus par saison. Encore une fois Trevor Timmins, dépisteur en chef du Canadien, pourrait bien s’être gouré avec ce choix.
Une autre décision de Bergevin reste douteuse. Le cas de Jonathan Drouin a été une distraction trop souvent dans le camp montréalais, au cours de la saison. Ses 18 buts sont bien loin de la production qu’on espérait de sa part. Son attitude, son manque d’implication et le peu de compatibilité avec son entraîneur Claude Julien ont davantage créé un malaise.
On peut vraiment se questionner sur les motifs qui avaient incité son directeur gérant Steve Yzerman à Tampa et son entraîneur, John Cooper, à le céder à une autre formation.
Le Canadien a confondu tous les observateurs et ses partisans en livrant une lutte épique jusqu’à la défaite de jeudi dernier devant les Capitals.
La grande question maintenant est de savoir si cette équipe sera aussi coriace l’an prochain. Une chose est certaine, en raison de sa défensive trop vulnérable, Claude Julien doit déjà espérer que Carey Price accomplisse d’autres miracles comme il l’a fait, surtout lors de la deuxième demie du calendrier. Parce que Price demeure le meilleur joueur du Canadien et sans ses exploits, son équipe restera parmi les négligées. En raison des performances du Canadien, Marc Bergevin va recevoir un autre vote de confiance de son patron Geoff Molson. Mais si l’an prochain son équipe se retrouve chez les exclus du tournoi printanier, il se pourrait bien qu’on lui montre la sortie.