Demain, tous centenaires ?


Par Le soleil de la Floride

Nouvelles fontaines de Jouvence, hormones anti-âge, antioxydants, aucune potion magique existante aujourd’hui ne serait en mesure d’augmenter l’espérance de vie au-delà d’un siècle.

Vieillir, la belle affaire

Plus de 122 ans. Tel est le record de Jeanne Calment, décédée en 1997 et doyenne de l’humanité. Mais attention à ne pas confondre record de longévité et espérance de vie, qui est l’estimation de l’âge que peut atteindre la moitié de la population née une même année.

Cette espérance de vie a augmenté de plus de 30 ans depuis le début du siècle dernier. « Celle d’une femme américaine née en 1900 était de 48,9 ans, comparé à 79 ans pour celle née en 1995 » précise Jay Olshansky, professeur de santé publique à l’Université de l’Illinois (Etats-Unis).

Mais ce fantastique bond ne saurait en rien prédire une amélioration prochaine de la vie, qui selon Olshansky et ses collaborateurs* (dont Aline Désesquelles de l’Institut National d’Etudes Démographiques de Paris) marque aujourd’hui un temps d’arrêt.

Born in the USA ?

En utilisant les données les plus récentes sur l’espérance de vie et la mortalité des hommes et femmes de tout âge au Japon, en France et aux Etats-Unis, les auteurs ont constaté qu’alors que de plus en plus de personnes atteignent un âge avancé, l’augmentation de l’espérance de vie décroît.

Les tendances observées sur ces 10 ans permettent d’établir que l’espérance de vie n’atteindrait 100 ans qu’au XXII ème siècle en France et au Japon, et au XXVI ème siècle aux Etats-Unis. « Un tel constat n’est guère surprenant, car l’espérance de vie est très difficile à augmenter une fois atteint 80 ans » précise Olshansky. « Ajouter des décades à la vie d’une personne atteinte de 70 ans ou plus est beaucoup plus difficile qu’accomplir la même prouesse chez des enfants qui meurent de maladies infectieuses ». La réduction de la mortalité infantile, les politiques d’hygiène et la lutte contre les infections sont en partie responsable de la nette augmentation constatée durant le dernier siècle.

En gardant des prétentions plus raisonnables, l’espérance de vie devrait atteindre l’âge de 85 ans en 2033 en France, en 2035 au Japon et en 2182 aux Etats-Unis. Mais de telles projections peuvent être bouleversées par des éléments imprévisibles comme la résurgence de grandes épidémies, l’augmentation de la résistance aux antibiotiques…

Age against the Machine

Vers de terre dont on double l’espérance de vie en changeant leur environnement, mouche transgénique trois fois plus vieilles que ces congénères, décryptage du génome… En transposant allègrement ces résultats à l’homme, la science ne nous promet-elle pas périodiquement quelques années de rab’ ? Excès d’optimisme ou réelles perspectives d’un nouvel âge ?

Eliminer les causes de mortalité les plus répandues (cancer, maladies cardiovasculaires, attaques cérébrales…) n’augmenterait l’espérance de vie que de 15 ans. « Les améliorations futures de l’espérance de vie seront éventuellement mesurées en jours ou en mois plutôt qu’en années » concluent les auteurs.

En attendant ce grand pas pour l’humanité, les auteurs ne demandent pas la lune et préconisent que notre attention se porte plus sur une amélioration de la vie que sur un allongement de sa durée…