Don de sang: Une découverte pourrait rendre tous les groupes compatibles


Par Le soleil de la Floride

Le sang pourrait-il un jour devenir universel ? C’est en tout cas le pari d’une équipe de chercheurs qui a développé une « super » enzyme capable de transformer les sangs de types A et B en sang de type O, rendant possibles les transfusions sanguines entre groupes sanguins différents.

 

Dépasser le problème de compatibilité des groupes sanguins

Il existe 4 groupes sanguins, déterminés selon les antigènes spécifiques qui recouvrent la surface des globules rouges : A, B, AB et O.

Chez une personne du groupe A, son sérum comporte des anticorps dirigés contre l’antigène B. On ne peut donc pas lui transfuser du sang de groupe B ou AB sous peine de voir apparaître une hémolyse (destruction des globules rouges) et un choc transfusionnel.

Une personne du groupe B ne peut pas être transfusée avec du sang de groupe A car il possède des anticorps anti-A.

Celles du groupe AB portant les deux antigènes sur leurs globules rouges peuvent recevoir indifféremment du sang de groupe A ou de groupe B. Ils sont dits receveurs universels. Elles n’ont ni anticorps anti-A ni anticorps anti-B dans leur sérum. Par contre, elles ne peuvent donner leur sang qu’aux personnes de groupe AB.

Les personnes du groupe O ne portent pas d’antigène du système A, B, O sur leurs hématies. Ce sont des donneurs universels car on peut en théorie transfuser leur sang aussi bien aux personnes du groupe O qu’à celles des groupes A, B et AB. Elles ne peuvent par contre recevoir que du sang du groupe O car leur sérum contient des anticorps anti-A et anti-B.

Le manque de sang, dû à une baisse des dons, peut conduire à des situations médicales délicates. D’où l’idée de créer un sang « universel », qui permettrait de passer outre ces problèmes de compatibilité des groupes sanguins. Idée qui n’est pas nouvelle – elle date des années 1980 – mais qu’aucune équipe de chercheurs n’est parvenue jusqu’à présent à concrétiser.

Une enzyme 170 fois plus puissante

Les travaux dirigés par Stephen Withers, de l’Université de British Columbia, pourraient peut-être marquer un pas supplémentaire vers la mise au point d’un sang « universel ».

Les chercheurs semblent avoir contourné le problème posé par l’efficacité relative des enzymes utilisées pour couper les antigènes à la surface des hématies, pour que toutes aient la structure de celles du groupe O.

Pour cela, ils ont créé des hydrolases du sucre beaucoup plus puissantes en recourant à des techniques dites d’évolution dirigée. L’enzyme ainsi produite était 170 fois plus puissante que les originales, rapportent-ils dans le Journal of the American Chemical Society.

Cette enzyme ne permet toutefois pas encore de dégrader chaque antigène du groupe A. Mais le système immunitaire est suffisamment sensible pour induire une réponse, estime Stephen Withers, qui se veut confiant. « Avant une utilisation clinique de notre enzyme, des améliorations par la technique d’évolution dirigée doivent être apportées pour réaliser une dégradation complète, indique-t-il. Mais vu le succès obtenu jusque-là, nous sommes optimistes ».

Sources : Communiqué de presse de l’Université de Colombie britannique.