La science a-t-elle un sexe ?


Par Le soleil de la Floride

A en croire les statistiques, les hommes sont davantage tournĂ©s vers les sciences exactes, les femmes vers les sciences humaines. Est-ce par goĂ»t, par nature ? Quel est l’influence de la sociĂ©tĂ© sur les orientations scolaires et les choix professionnels ? Doctissimo fait le point


Traditionnellement, les hommes semblent vivre dans l’action, alors que les femmes prĂ©fĂšrent la mĂ©ditation. Peut-ĂȘtre cette situation s’explique-t-elle par le fait que la procrĂ©ation puis les soins donnĂ©s aux enfants ont longtemps contraint les femmes Ă  rester davantage Ă  la maison ? Les hommes pourvoyaient alors Ă  leurs besoins. Aujourd’hui, malgrĂ© l’Ă©volution des moeurs et des mentalitĂ©s, homme et femmes semblent continuer Ă  choisir des orientations diffĂ©rentes. Comment expliquer ces divergences ?

Langage codé ou préférences sexuées ?

Pour marquer leur connivence, les hommes aiment parler voiture ou autre technologie et Ă©vitent ainsi les sujets intimes. Fiers de leurs connaissances, ils se vanteront rarement d’avoir Ă©tĂ© nuls en maths. Pour beaucoup de femmes, c’est au contraire un luxe que de n’avoir jamais rien compris aux thĂ©ories abstraites ou d’ĂȘtre dĂ©passĂ©es par la technique ! En revanche, les femmes s’orientent facilement sur des discussions d’ordre psychologique : elles y excellent, et rĂ©ussissent Ă  s’affirmer dans ce domaine jugĂ© frivole par les hommes, qui attendent souvent de la parole qu’elle dĂ©bouche sur des actes !

La faute des parents ?

MĂȘme si les choses sont en train de changer, les parents ont longtemps cherchĂ© Ă  orienter professionnellement les garçons vers des mĂ©tiers »Â sĂ©rieux  » et dynamiques (ingĂ©nieur, mĂ©decin, informaticien, commercial, etc.) alors que pour les filles, ils cherchaient davantage Ă  Ă©panouir « leur fibre sensible » (Ă©ducatrice, enseignante, infirmiĂšre, puĂ©ricultrice, dĂ©coratrice, etc.). Si en rĂ©alitĂ© les frontiĂšres professionnelles hommes-femmes commencent Ă  s’estomper, la pression des parents entretient le systĂšme de diffĂ©renciation sexuelle. La sociĂ©tĂ© Ă  domination encore masculine encourage, elle aussi, cette attitude conservatrice, qui laisse le plus souvent les postes de commande aux hommes. Ainsi certains concours des Grandes Ecoles scientifiques dĂ©savantagent toujours les femmes (plus de places offertes aux candidats masculins). Cette inĂ©galitĂ© se retrouve Ă©videmment Ă  l’embauche.

Vaincre les habitudes

Pourtant, la volontĂ© d’attĂ©nuer les inĂ©galitĂ©s entre les hommes et les femmes a permis de constater que celles-ci n’Ă©taient pas dues Ă  un hĂ©ritage gĂ©nĂ©tique. Il s’agit donc de briser les « mauvaises habitudes » qui existent depuis des annĂ©es. Ainsi, en politique, la loi française impose depuis peu la paritĂ© hommes-femmes sur les listes Ă©lectorales, afin d’Ă©liminer une discrimination qui n’avait pas de sens. Mais le retard reste Ă  rattraper dans les domaines oĂč les femmes Ă©taient peu reprĂ©sentĂ©es : mĂ©decine, recherche scientifique, cadres d’entreprises, etc. Pas facile de gommer des traditions sĂ©culaires ! Les laboratoires de recherche restent ainsi dirigĂ©s en majoritĂ© par des hommes. Marie Curie en 1911 et IrĂšne Joliot-Curie en 1935 sont parmi la petite dizaine de femmes (11 exactement) Ă  avoir reçu des prix Nobel scientifiques… sur plus de 400 !