Maladie de Lyme :


Par Le soleil de la Floride

La Haute Autorité de Santé a publié mercredi 20 juin des nouvelles recommandations de prise en charge de la borréliose de Lyme (et des autres maladies transmises par les tiques). Les cas non expliqués de formes cliniques polymorphes et diffuses doivent être mieux considérés et la souffrance des patients prise en compte « quel que soit le résultat de leur sérologie ».

 

L’examen clinique au cœur du diagnostic

La maladie de Lyme est transmise via une morsure ou piqûre de tique infectée par une bactérie (Borrelia burgdorferi). Il s’agit de l’infection la plus courante transmise par les tiques, sur laquelle plane encore de nombreuses incertitudes scientifiques. Dans son rapport, la HAS reconnaît le « manque de connaissance sur certaines spécificités des agents pathogènes transmis par les tiques », ainsi que les « difficultés à disposer d’outils diagnostiques satisfaisants ».L’autorité sanitaire rappelle que le diagnostic repose « avant tout sur l’examen clinique », d’où l’importance de la sensibilisation des médecins (surtout les médecins généralistes) afin qu’ils puissent repérer les symptômes d’une possible maladie de Lyme dans le cadre d’une morsure de tique. Ces symptômes sont :

un érythème migrant (tache rouge indolore centrée sur le point de morsure qui s’étend progressivement) : présent dans 95 % des cas et qui peut apparaître entre 3 et 30 jours après la piqûre ;

des symptômes disséminés (dermatologiques, articulaires, cardiaques, ophtalmologiques et neurologiques), qui peuvent apparaître quelques semaines à plusieurs mois après la piqûre.

 

Dans le cas des formes disséminées, la HAS rappelle que les médecins peuvent s’appuyer sur la sérologie sanguine (ELISA et Western Blot). Ces tests font aujourd’hui l’objet d’une polémique, en raison de suspicions de nombreux « faux négatifs » (patient testé négatif alors qu’il pourrait bien être atteint de la maladie). Afin d’améliorer le diagnostic, la Haute Autorité de Santé insiste sur l’absolue nécessité » de disposer de « nouveaux outils diagnostiques de la borréliose de Lyme et des autres infections transmises par les tiques ».

Quand la maladie est diagnostiquée rapidement, le traitement consiste en la prise d’antibiotiques (entre 14 et 28 jours).

 

La prise en charge

Le point fort de ce rapport concerne les cas plus complexes. Il insiste sur la prise en charge des « formes cliniques polymorphes, diffuses, non expliquées », qui peuvent se traduire par des maux de tête, des troubles cognitifs, des douleurs musculaires invalidantes, etc. La communauté scientifique n’a pas  trouvé de consensus pour reconnaître ces formes de maladie de Lyme. « En l’état actuel des connaissances, nous ne savons pas si ces signes sont dus à l’existence d’une maladie de Lyme persistante (après traitement ou non) ou à d’autres agents pathogènes qui seraient transmis par les tiques. Il peut aussi s’agir d’autres maladies ou syndromes», écrivent les rapporteurs. Qui rajoutent toutefois une phrase essentielle : « Même si les incertitudes scientifiques sont réelles, tous les patients doivent être pris en charge et entendus dans leur souffrance ». Une réelle avancée pour les malades.

La HAS précise que ces cas concernent les « patients qui subissent ces signes cliniques depuis plus de 6 mois et plusieurs fois par semaine » et les regroupe sous le terme de « Symptomatologie/syndrome persistante polymorphe après possible piqûre de tique » ou SPPT. Pour les soigner, « quel que soit le résultat de leur sérologie », les autorités sanitaires recommandent désormais de :

  • Proposer un traitement pour soulager les symptômes, en attendant d’en savoir plus sur la maladie dont souffre le patient ; réaliser un bilan étiologique qui doit permettre d’éliminer la piste de maladies inflammatoires, de pathologies infectieuses ou non infectieuses.
  • Proposer un traitement antibiotique d’épreuve de 28 jours si ce bilan n’aboutit à aucun diagnostic.

La prolongation de traitement antibiotique pour les cas cliniques évoluant depuis plusieurs années (comme prônée par certains médecins spécialistes de la prise en charge de la maladie de Lyme), ne devra pas être proposée « en dehors de protocoles de recherche encadrés par un centre spécia-lisé des maladies vectorielles à tiques ».

 

La HAS conclut sur la nécessité de poursuivre les recherches sur les maladies transmises par les tiques, ainsi que sur les outils diagnostiques et les traitements à court, moyen et long terme. Selon le Bulletin épidémiologique hebdomadaire publié en Europe le 19 juin, l’incidence annuelle des cas de borréliose de Lyme a connu une augmentation significative (84 cas déclarés pour 100 000 habitants). Cette augmentation, si elle se confirme sur les prochaines années, pourrait être le signe d’une prise de conscience de cette maladie, à la fois par les patients, qui osent davantage consulter, et par les médecins, mieux formés au diagnostic.

 

Ecrit par:

Violaine Badie