RGO : les complications et les traitements


Par Le soleil de la Floride

Entre 15 et 20 % des adultes connaissent un épisode de reflux gastro-oesophagien (RGO) une fois par semaine, et ils seraient 5 % à en être affectés tous les jours.

Le RGO n’est pas en soi une maladie grave. Mais son retentissement sur la qualité de vie des personnes atteintes en font un trouble sérieux qu’il est important de traiter. En cas de reflux prolongé et sévère, des complications, bien que rares, sont possibles, telles qu’une sténose peptique ou une modification de la muqueuse de l’œsophage, qui multiplient le risque de cancer.

Une intensité indépendante des lésions

Le RGO correspond à la remontée du contenu de l’estomac dans l’œsophage, en raison d’une faiblesse du sphincter sensé empêcher ce passage. L’acidité des sucs gastriques provoque alors une sensation de brûlure, parfois jusque dans la gorge.

Étrangement, l’intensité des symptômes ne dépend pas de l’importance des lésions. Des douleurs insupportables peuvent finalement ne pas être corrélées à la présence de lésions alors que des sensations à peine gênantes peuvent être associées à des blessures importantes.

Quelle évolution et quelles complications redouter ?

Le RGO est souvent chronique, environ deux tiers des patients devront poursuivre un traitement de manière intermittente ou continue. Dans la majorité des cas, les lésions occasionnées par les remontées acides ne sont pas graves. Dans une minorité des cas, une oesophagite (inflammation de l’oesophage) sévère est présente, en particulier chez les patients de plus de 60 ans. Dans ces cas, un contrôle par voie endoscopique de la cicatrisation des lésions est nécessaire.

Les principales complications du RGO sont la sténose peptique (rétrécissement du bas oesophage suite aux attaques acides) et l’endobrachyoesophage (remplacement de la mu-queuse du bas oesophage par de la muqueuse de type gastrique). On retrouve cette pathologie chez 5 à 10 % des patients subissant une endoscopie pour RGO. L’endobrachyoesophage multiplie par 30 à 40 le risque d’adénocarcinome de l’oesophage.

Quels sont les traitements ?

Les médicaments disponibles sont de différentes classes :

Les antiacides et les alginates : particulièrement indiqués au moment des douleurs. Ils neutralisent l’acidité mais n’ont cependant aucun effet sur les lésions ;

Les anti-H2 : efficaces dans le traitement des symptômes et des lésions non sévères. Mais leurs effets sembleraient s’atténuer sur le long terme. Leur indication s’est considérablement réduite avec l’arrivée des IPP ;

Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) : c’est le traitement de référence, notamment en traitement de fond, chez les patients souffrant régulièrement de RGO (au moins une fois par semai-ne). Ils n’ont cependant pas d’effet sur les endobrachyoesopha-ges, qui nécessitent une prise en charge particulière. Même chose en ce qui concerne les symptômes extra-digestifs du RGO, pour lesquels ils n’ont pas d’indication.

La chirurgie par voie coelioscopique (opération sans ouverture de l’abdomen). Elle a pour but de reconstituer une barrière antireflux. Cette technique comporte toutefois des effets secon-daires non négligeables (diarrhées, difficultés à avaler et à éructer), qui limitent ses indications aux patients jeunes à qui l’on veut éviter la prise d’un traitement au long cours ou à ceux qui ne répondent pas au traitement médicamenteux. Un patient dûment informé devra juger des différents avantages et inconvénients de chaque technique avant de prendre une décision.