Syndrome métabolique


Par Le soleil de la Floride

Tour de taille élevé, anomalies de la tension artérielle, du sucre et des graisses… Le syndrome métabolique avance masqué, sans aucun symptôme. Mais il est loin d’être anodin et augmente le risque de complications cardiovasculaires et de diabète.

Selon les études les plus alarmantes, le syndrome métabolique augmente le risque de maladies cardiovasculaires et de diabète. Face à de telles menaces, un dépistage précoce de ce nouvel ennemi apparaît un véritable enjeu de santé publique.

Un phénomène en augmentation

Le syndrome métabolique se caractérise par un tour de taille élevé, un excès de graisses et de sucre dans le sang et une tension artérielle trop élevée. Bien que l’hérédité semble jouer un rôle, c’est surtout un style de vie trop sédentaire et une alimentation déséquilibrée qui sont en cause. Dans les pays occidentaux, la malbouffe et l’absence d’activité physique gangrènent le capital santé de plus en plus de personnes. Aux Etats-Unis, le syndrome X ou syndrome métabolique toucherait un Américain sur quatre. En Europe, il semblerait que la situation soit moins alarmante, avec 15 % atteints par le syndrome métabolique.

Une bombe à retardement

De part et d’autre de l’Atlantique, le profil des patients est sensiblement le même. Parmi les facteurs de risque non modifiables, on retrouve l’âge, les antécédents familiaux de diabète ou de maladies cardiovasculaires. Mais on peut néanmoins agir sur les principaux qui sont le manque d’acti-vité physique, l’alimentation déséquilibré, le tabagisme et le stress.

Mesurer le tour de taille comme on prend la tension

Selon la définition la plus utilisée, le syndrome métabolique se caractérise par la présence de trois facteurs parmi les 5 suivants :

Tour de taille > 102 cm chez les hommes et > 88 cm chez les femmes – ces chiffres pourraient être modulés selon le groupe ethnique ;

Cholestérol HDL (bon cholestérol) < 40 mg/dl chez les hommes et

< 50 mg/dl chez les femmes ; Triglycérides > 150 mg/dl (1,7 mmol/L) ; Glycémie à jeun > 1 g/dl ; Tension artérielle > 130-85 mm Hg.

Le traitement de ces anomalies (cholestérol, hypertension, excès de triglycérides) peut également être inclus dans certaines définitions du syndrome métabolique. Si l’on s’en tient à la définition clinique du syndrome métabolique, on comprend que le dépistage via des analyses médicales apparaît trop coûteux et trop difficile à réaliser. Mais la détection des patients peut être largement simplifiée. Il suffit de mesurer le tour de taille et le taux de triglycérides (supérieur à 1,7 mmol/l) 5, y compris chez les enfants 6. Cette méthode aurait permis de détecter 80 % 7 des personnes atteintes du syndrome métabolique dans des études canadiennes. Plus anecdotiques, d’autres études recommandent même de mesurer le tour du cou.

“ En pratique, l’idéal serait que le mètre de couturière fasse son apparition dans les cabinets des généralistes et que la mesure du tour de taille devienne un geste anodin ”. Une adiposité abdominale excessive, identifiée par un tour de taille supérieur à 88 cm chez la femme et à 102 chez l’homme, devrait ainsi alerter et conduire à des analyses supplémentaires. La prise en charge repose ainsi principalement sur une modification de l’hygiène de vie et dans quelques cas, des traitements médicamenteux.