BEE HAPPY !

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Par Denise Dumont

La semaine dernière, l’Environmental Protection Agency (EPA) a rendu une décision finale qui vise à bannir 

un pesticide lié à des dommages neurologiques chez les enfants. Les consommateurs, 

les travailleurs en agriculture et les abeilles auront de quoi être plus heureux !

 

Bien qu’interdit dans les produits résidentiels d’extermination, le pesticide chlorpyriphos-ethyl est permis et utilisé dans la culture commerciale des aliments aux États-Unis depuis 1965. La Californie est le seul État à en avoir banni la vente sur son territoire il y a quelques années. En Floride, ce pesticide est principalement utilisé pour la culture non biologique des fraises, du maïs et des agrumes. 

Les agriculteurs ont désormais six mois pour remplacer le poison trouvé coupable d’engendrer des dommages neurologiques chez les enfants, notamment des troubles du déficit d’attention, la réduction du QI et des troubles de mémoire.

Il ne va pas sans dire que depuis des années, les organisations de la santé et du travail mènent une campagne pour révoquer l’utilisation du chlorpyriphos-ethyl. L’EPA envisageait une interdiction, mais sous l’administration Trump, l’agence avait conclu un manque de preuve pour démontrer les effets nocifs du produit chimique sur les humains. L’administration Biden a finalement su mettre fin à cette bataille juridique qui dure depuis plusieurs années. L’avenir est donc plus encourageant pour les travailleurs dans les champs, pour les consommateurs et l’environnement.

La santé des pollinisateurs

Cette décision de l’EPA est aussi un grand pas pour sauver les abeilles, une bataille que la Floride prend très au sérieux ! Avec l’une des plus grandes populations d’abeilles mellifères du pays, l’État ne peut se permettre de dormir sur ses lauriers.  

La division de l’Institute of Food and Agricultural Sciences de l’Université de Floride travaille avec des groupes d’intervenants depuis plusieurs années. Le but est de rassembler des ressources pour éduquer et aider à promouvoir l’importance de ces insectes et leur santé.  

La Floride abrite plus de 300 espèces d’abeilles qui contribuent à la pollinisation des produits agricoles et soutiennent la santé globale de l’écosystème. L’abeille mellifère (Apis meliffera) est le pollinisateur clé faisant l’objet des recherches. C’est l’espèce qui est la plus préoccupante, la plus sensible et celle qui représente le mieux les problèmes de toutes les apis dans l’État. 

Cruciale au transfert de pollen, cette abeille mellifère peut être gérée pour répondre aux besoins de pollinisation de cultures particulières. Elle est essentielle à la production des bluets, des pastèques, des concombres et des oignons et contribue de manière significative à l’approvisionnement alimentaire en Floride. L’exposition aux pesticides systémiques dans le sol, l’air et l’eau, provoque chez l’abeille des problèmes de santé et de stress qui affligent toute la ruche. La façon dont elles communiquent est altérée et conséquemment, les prises de décision de la colonie le sont aussi et elles affectent directement le résultat des récoltes.

Relocaliser au lieu d’exterminer 

Les abeilles ne figurent pas sur la liste des espèces menacées. Toutefois, elles sont soumises à une pression environnementale énorme. Puisque 80 % de toutes les plantes de la Terre nécessitent une pollinisation par les insectes et que les abeilles en sont la principale source, il faut penser deux fois avant d’exterminer un nid.  Surtout en milieu urbain, tous les efforts doivent être déployés pour sauver et déplacer la colonie dans un rucher bien géré. 

Vous avez des choix. Au lieu de faire appel à un exterminateur, de grâce, faites appel à un sauveteur !  Préserver des colonies sauvages et les déplacer dans des ruches avec une reine européenne crée une colonie saine, avec un bon tempérament qui assurera la continuité de la chaîne alimentaire.

Urbanisation des ruches

Le premier micro ruché urbain de la région a été accordé par la Commission du parc de la ville d’Oakland et financé par le département de santé du comté de Broward. Il a été intégré à un jardin de papillons et d’autres abeilles solitaires indigènes. Le Tradewind Park de Coconut Creek possède une ruche qui assure la vie du potager communautaire. Les villes de Davie, Plantation, Deerfield Beach etc., participent de la même manière.

Des entreprises se spécialisent dans l’installation de ruches sur les toitures d’édifices commerciaux et des écoles à travers l’Amérique du Nord. D’ailleurs, le toit de l’ambassade canadienne à Washington est habillé de deux ruches avec environ 40 000 abeilles. La récolte du miel est faite par des professionnels et les produits sont vendus localement.