LE DÉCLIN DES MAGASINS AMÉRICAINS…

LE DÉCLIN DES MAGASINS AMÉRICAINS…


Par Denise Dumont

Les centres commerciaux, tout comme les magasins ayant pignon sur rue, sont confrontés à la réalité du déclin de la vente au détail telle qu’on la connaît.

Macy’s prévoit fermer environ 125 magasins au cours des trois prochaines années, soit environ le cinquième de son effectif de vente au détail. Trente magasins dans 19 États sont déjà en liquidation. Macy’s a déclaré dans un communiqué il y a quelques semaines, que l’entreprise devait également procéder à 2 000 mises à pied, ce qui représente environ 9 % de son personnel.

La société fermera également son centre de service à la clientèle de Tempe, en Arizona, et consolidera ses opérations à Mason, en Ohio, et à Clearwater, en Floride.

Toutefois, elle prévoit ajouter des travailleurs de la technologie et du web à une future installation dans la ville d’Atlanta.

Problème étendu
Depuis quelques années, nous avons vu la fermeture des géants comme Sears, JC Penny, Toys˝R˝Us et bien d’autres, grands et petits.
À qui la faute ? Une analyse de variance multivariée (MANOVA) visant à examiner et à profiler les segments de clientèle des centres commerciaux, indique que les « jeunes acheteurs passionnés » et les « chasseurs d’offres » représentent les segments les plus attrayants pour les détaillants.
La « clientèle réticente » est celle qui se balade dans les établissements, qui fouille, touche, essaie mais ressort sans acheter. Elle représente le principal défi des gestionnaires de centres commerciaux puisqu’elle est la moins profitable.

Considérant les coûts élevés du loyer des magasins, des surfaces de stockage et les coûts d’inventaires, pas étonnant que les administrateurs se concentrent du côté de la vente virtuelle. Les magasins outlets deviennent l’exception.

Gap Inc. augmente la réalité pour les boutiques de mode
Avec une immense concurrence sur les prix et une expansion agressive entre les détaillants de mode, Gap Inc. avait connu une baisse importante de ses ventes depuis 2015 (Wahba, 2016). Afin de poursuivre l’évolution du comportement des clients, Gap Inc. a vu une opportunité en utilisant les innovations technologiques pour valoriser l’expérience d’achat de ses clients.
Une application pilote nommée « DressingRoom by Gap » avait été lancée en janvier 2017. La technologie permet aux acheteurs de visualiser un style sélectionné sur un mannequin virtuel rotatif avant achat.
Au lieu d’utiliser des tailles de modèle d’ajustement communes, les acheteurs sont capables de choisir parmi cinq types de corps différents qui leur ressemblent davantage.
L’application montre également comment le tissu du vêtement s’étire et se drape sur le corps sélectionné. Les clients peuvent donc essayer virtuellement le vêtement, visualiser correctement l’ajustement et avoir une bonne idée de la sensation du port du vêtement, basée sur la dimension et le type de mannequin choisi.
Les acheteurs sont donc plus confiants car le risque d’acheter la mauvaise grandeur est largement diminué. Magasiner dans le confort de son environnement sans avoir à braver le trafic et les espaces de stationnement est de plus en plus apprécié.

L’incompréhensible
La construction du projet grandiose du plus grand centre d’achat en Amérique, l’American Dream Mall, devrait débuter très bientôt à Miami et rend trop peu de gens perplexes.

Pourquoi investir dans un monstre de béton aux répercussions environnementales désastreuses alors que le shopping virtuel étouffe rapidement la vente au détail dans pratiquement tous les domaines ?