LE RÊVE AMÉRICAIN DE JEAN-JEAN PELLETIER

LE RÊVE AMÉRICAIN DE JEAN-JEAN PELLETIER


Par le soleil de la floride

Par Tom Newton
MIAMI – L’entrepreneur québécois, Jean-Jean Pelletier, y est toujours à sa conquête. Rien n’est gagné et cette motivation quotidienne grise l’homme d’affaires de cinquante et un ans.

Jean-Jean n’est pas seul à vouloir laisser son empreinte dans un pays plus que jamais divisé en pleines élections américaines. Ses deux associés, aussi québécois que lui, son frère Robert et son ami d’enfance, Stephan Fortier, complètent le trio tissé serré. Leur Everest s’appelle GrapeStars. C’est leur idée, leur création et leur application chic-alcool pour les célébrités du monde.

Ça ne peut être plus tendance que ce shopping virtuel en cette période de confinement à la maison. Téléchargez l’application sur www.grapestars.com, faites votre sélection et ding, dong, ce sera aussitôt livré dans votre salon pour savourer soit le bourbon de la légende du football Terry Bradshaw, le sauvignon blanc de l’actrice Jessica Parker, le rosé de l’acteur Brad Pitt, le gin de Ryan Reynolds, le vin de Napa Valley de John Legend ou la tequila de Dwayne Johnson (The Rock) pour ne nommer que ces stars de leur liste VIP. C’est ça leur enivrant tour de magie. Niché en plein cœur du quartier de Brickell à Miami, Jean-Jean vit dans un immeuble aussi élevé que ses ambitions. Brickell est un Manhattan miniature, maxi cultures, à quelques minutes de Miami Beach et de tous les vices que les cinéastes invitent.
Chacun joue sa partition à dans la compagnie.

Robert dessine l’esthétique de toutes les plateformes technologiques avec la précision d’un chirurgien. Stephan est le directeur passion des opérations. Et JJ, pour les intimes, est le Président et CEO. C’est lui qui a le job le plus difficile au monde : défoncer les portes blindées des investisseurs et des stars avec leur agent et avocat afin de les convaincre de suivre sa vision. « Il faut beaucoup d’argent et de génie pour réussir notre tour de force, reconnaît Jean-Jean, en plissant du front. Et notre innovation technologique intrigue. Plusieurs nous considèrent dans l’industrie comme un Game Changer. Mais entre l’attention et l’intention, il faut avoir tous les arguments ». À ce jour, GrapeStars a levé plusieurs millions de dollars américains en trois ans de travail acharné. Ça peut vous paraître énorme sauf que ce n’est que le premier étage d’un gratte-ciel qui ira chatouiller les étoiles. Jean-Jean a sollicité et convaincu plusieurs hommes d’affaires dans son Québec qu’il a quitté… pour mieux y revenir. Le premier à y croire fut Louis Roquet, l’ancien président de la SAQ. Il y a aussi des amis, notamment Charles-André Sauvé, Alexandre Grenier, Christian Sbrocca, Pierre Laquerre, Bruno Gutton et bien d’autres comme Thor Richardson, associé de George Clooney. Et même des hockeyeurs, dont le tout dernier du CH, élu au Temple de la Renommée de la LNH : Guy Carbonneau. Pourquoi avoir besoin de tant d’argent, direz-vous ? Jean-Jean donne cette réponse aussi précise qu’un lancer top corner de son idole Guy Lafleur, qui vient de lancer un gin qui porte son célèbre nom. « Parce que nous ne sommes pas encore assez connus », avoue-t-il sincèrement. « Nous allons investir plusieurs millions encore, surtout sur les réseaux sociaux. T’as beau avoir le meilleur film sur pellicule, personne n’ira le voir si tu ne peux pas le marketer, l’annoncer. » JJ passe d’un appel avec ses associés, à l’agence CAA ( Creative Artist Agency ) à Hollywood, à un autre appel avec Alberto, le frère d’Andrea Bocelli au vignoble de la famille en Italie, à l’associé de Snoops Dogg à New York et un autre avec l’ancien top model Christie Brinkley, qui elle a lancé son propre Prosecco, Bellissima. « Oui c’est épuisant à la longue, mais la joute est ainsi faite, » soupire-t-il. J’ai été élevé comme ça avec mes deux frères, Michel et Robert. Jean-Jean a le chic de sa mère et le choc de son père. Sa maman Monique, une femme douce, classique et d’affaires. Elle a travaillé à la radio avec Jean-Pierre Coallier avant de suivre son époux. Élevé à Rosemont avec peu de moyens, son père Pierre, a travaillé dès l’âge de sept ans chez Steinberg pour ensuite se faire un nom sur la rue St-Jacques en finances. Il lui a appris tous ses univers, et surtout, survivre malgré les galères. Ce fut des parents ouverts à la vie qui lui manquent énormément.
Aujourd’hui Jean-Jean a un fils de dix ans, John John, qu’il élève seul. Pardon qu’il a élevé seul durant huit ans avant d’avoir le coup de foudre pour Dayana, une diplômée de l’université de Miami, et ses deux mignons petits garçons, Matteo et Maxi. « Il y a trois ans, je suis allé à l’église pour prier » confie-t-il. « Et j’ai demandé à Dieu et à ma mère de me faire le cadeau de rencontrer la femme de ma vie. Le lendemain, je vous jure, mon regard a croisé celui d’une beauté éclatante dans un ascenseur. Deux semaines plus tard, je l’invitais à célébrer le Jour de l’An au Québec. Je voulais que ma belle Cubaine découvre notre hiver, notre culture. Je l’ai présentée à mes amis, à ma famille. J’étais amoureux. Je le suis plus que jamais maintenant. » JJ a demandé sa belle en mariage le quatre juillet dernier à Palm Beach. Elle a dit oui à sa bête. Maintenant la famille recomposée vit à cinq. Un beau roman, une belle histoire qui doit avoir la plus belle des fins : la réussite de GrapeStars. Son rêve américain.