Le Colorado veut les médicaments canadiens

Le Colorado veut les médicaments canadiens


Par Le soleil de la Floride

La chasse aux médicaments canadiens par les Américains commence à jeter une sérieuse inquiétude au Canada.

On se rappelle qu’il y a quelques mois, le Président Trump a menacé l’industrie pharmaceutique au risque d’ouvrir le marché canadien aux États-Unis.

La course aux médicaments canadiens est de toute façon enclenchée solidement par plusieurs États.
Les discutions s’activent particulièrement à partir de la Floride, du Vermont et du Maine.

Le Colorado, qui on le sait donne souvent le ton dans de nombreuses initiatives politiques, attend l’accord de Washington pour justement concrétiser le transfert des médicaments canadiens vers leur État.

On sait qu’aux États-Unis, où les prix des médicaments sont les plus élevés au monde, les lois interdisent aux gouvernements de négocier avec les compagnies pharmaceutiques.
Si le Canada demeure l’un des pays où les médicaments brevetés sont chers, la législation permet toutefois d’établir un prix plafond.

Au Colorado, le mot crise devient régulier. Il ne se passe pas une journée sans que les législateurs soient interpellés sur les conséquences de la flambée des prix du marché.
Sonya Jaquez Lewis, estime que la situation devient de plus en plus tragique.
Cette démocrate est la première pharmacienne à siéger à la chambre des représentants du Colorado.
Elle a participé étroitement à la rédaction d’une loi citée récemment en exemple par le Président Trump.
« Des gens meurent. Nous avons la responsabilité d’agir rapidement et c’est ce que nous faisons. S’il y a encore des Canadiens qui croient que notre démarche est une plaisanterie, ils se trompent », dit-elle.
Adoptée en mai, cette nouvelle loi autoriserait l’État du Colorado à élaborer un programme d’importation en vrac de médicaments sur ordonnance avec le Canada.

Le Colorado a voulu mettre toutes les chances de son côté pour y arriver. Il lui reste à obtenir le sceau fédéral pour que cela devienne possible.

Seule l’importation de certains types de médicaments destinés à des popu-lations spécifiques est ciblée. On parle d’un peu moins d’une vingtaine de catégories de médicaments.

Madame Lewis cite deux exemples où l’on enregistre d’importantes écono-mies : « un patient cardiovasculaire pourrait économiser jusqu’à 30 % sur un seul produit. Le système carcéral pourrait épargner au moins trois millions de dollars annuellement juste en traitement contre l’hépatite C ».
Toutefois, les médicaments contre le cancer administrés par perfusion ne pourraient être importés du Canada. Même chose pour l’insuline parce qu’elle doit être réfrigérée.
Treize autres États commencent à travailler pour aussi avoir droit d’importer des produits pharmaceutiques canadiens.

Mais cette ruée commence à inquiéter les Canadiens qui craignent que ce marché vers les États-Unis crée une pénurie de médicaments chez eux.
Les instances du marché de la santé n’ont aucunement l’intention de laisser ce type de transaction se développer.
L’objection commence également à alarmer le milieu politique qui se dressera sûrement devant ce commerce dont les conséquences pourraient créer une rareté et pousser les prix vers le haut.