LA FIN D’UN CAUCHEMAR : LE RÔLE DÉTERMINANT DE SUSAN HARPER

LA FIN D’UN CAUCHEMAR : LE RÔLE DÉTERMINANT DE SUSAN HARPER


Par Denise Dumont

Grâce au leadership de Susan Harper, Consule générale du Canada à Miami, les 247 croisiéristes Canadiens prisonniers à bord des navires Zaandam et Rotterdam, ont pu procéder à une évacuation rapide et sécuritaire le 3 avril dernier.

Tout a commencé le 7 mars, soit quatre jours avant la déclaration d’une pandémie mondiale.
Le luxueux navire Zaandam quitte alors le port argentin pour un longue croisière de rêve. La situa-tion a toutefois pris une allure cauchemardesque pour les voyageurs et les membres de l’équipage car la propagation du coronavirus a vite fait rage. Parmi les croisiéristes (247 Canadiens, 300 Américains, 230 Britanniques et 130 Australiens) plusieurs présentaient des symptômes de la COVID-19. Un peu plus tard, trois passagers succombaient à la maladie et tous les occupants du Zaandam étaient anxieux de remettre le pied à terre et retourner dans leur pays respectif !

Malheureusement, par crainte de provoquer une éclosion, aucun port situé le long de la côte ouest des Amériques accordait au navire Zaandam la permission d’accoster. Pour offrir un soulagement et soutenir le moral, Holland America Cruise line a commissionné le paquebot Rotterdam afin de prendre à son bord la moitié des passagers et des travailleurs. Ils étaient désormais deux bateaux à partager la détresse.

Objectif Port Everglades
Fort Lauderdale !

La destination finale du Zaandam était prévue le 5 avril à Port Everglades. Mais tous les espoirs de rentrer en Floride ont été anéantis lorsque le Panama a refusé aux deux navires, l’accès au canal. Le gouvernement du Canada surveillait de près l’évolution de la situation depuis quelques temps. Le mardi 31 mars, les navires ont fina-lement eu le feu vert.
« Dès que les navires ont traversé le canal de Panama, le bien-être des Canadiens à bord est devenu ‘’notre’’ responsabilité » raconte madame Harper.
« Nos agents consulaires étaient déjà impliqués, et lorsque le transfert de responsabilité a eu lieu, nous avons pris le relais de l’ambassade du Canada au Panama, travaillant très fort de concert avec de notre ambassade à Washington et le personnel de l’AMC – Affaires Mondiales Canada – à Ottawa, afin de répondre à l’influx des demandes de rensei-gnements. Il fallait aussi fournir un soutien clé aux passagers ayant besoin d’assistance supplémentaire – certains étaient hospitalisés, ou symptomatiques, ou étaient dans des situations personnelles complexes alors que nos planificateurs travail-laient ardûment sur la logistique. »

De plus, il y avait toute une équipe d’intervention d’urgence qui œuvrait au rapatriement des Canadiens. Avec leadership et compassion, madame Harper a joué un rôle déterminant et celui de porte-parole des divers Consulats impliqués, afin de plaider la cause des croisiéristes pour qu’ils rentrent chez eux le plus rapidement possible et de façon sécuritaire !

« En tant que Canadien, nous avons une excellente relation avec les dirigeants du comté de Broward. À la suite de la discussion avec le maire du comté, Dale Holness, et lorsque la gravité et la magnitude de la si-tuation sont devenues claires, la Commission est parvenue à un accord. Nous avions aussi la confirmation que les exigences techniques de l’US Centers for Disease Control and Prevention (CDC), de la Garde côtière américaine et de l’US Custom and Border Protection (CBP) seraient respectées. On comprend que la décision du maire était difficile à prendre car il faisait également l’objet de pressions de la part des résidents du comté. Ces derniers craignaient que les nombreuses personnes, potentiellement infectées, aient un impact » dit-elle au Soleil de la Floride.

Mission accomplie
Le jeudi 2 avril, les deux bateaux baignaient devant le Port Everglades en attente d’une permission pour accoster. Le CDC, la Garde côtière américaine, le CBP, les maires et les autorités navales s’entendent sur le procédé technique d’évacuation.
Le vendredi matin, 3 avril, Susan Harper est à Port Everglades pour accueillir et réconforter 225 des 247 Canadiens qui descendaient des bateaux pour se diriger immédiatement dans les autobus nolisés directement vers le tarmac de l’aéroport. De là, ils sont montés dans l’avion affrété vers Toronto. Tout cela à peine 24 heures suivant l’accostage à Port Everglades. Parmi le groupe de Canadiens, plus d’une dizaine ont été gardés sous observation sur les navires, cinq ont été transportés à l’hôpital, dont deux y sont encore au moment d’écrire ces lignes.

Au tour du port de Miami
Dès le lendemain, le samedi 3 avril, après des négociations similaires, le bateau Coral Princess recevait la permission d’accoster à Miami. À son bord, deux morts et plusieurs voyageurs atteints de la COVID-19. Les 97 Canadiens de différentes provinces qui étaient du voyage ont été rapatriés.
Susan Harper reconnaît que dans ces moments difficiles de pandémie, certaines personnes se retrouvent dans des situations particulièrement critiques.
« J’ai trouvé inspirant de voir comment les gens pouvaient faire preuve de compassion et de leadership dans la prise de décisions complexes et comment les gens – au gouvernement canadien, dans les corps consulaires et ici dans le sud de la Floride – pouvaient travailler ensemble pour procurer l’aide à ceux qui en ont besoin » raconte-t-elle.