INCERTITUDE SUR LE  MARCHÉ FINANCIER

INCERTITUDE SUR LE MARCHÉ FINANCIER


Par le soleil de la floride

Per Francis Généreux et  Benoit Durocher

La guerre en Ukraine aura des répercussions économiques et financières à l’échelle mondiale. Elle amène beaucoup d’incertitude, notamment sur les marchés financiers. La hausse des prix de l’énergie et des matières premières qu’elle provoque, ainsi que les nouvelles contraintes qu’elle fait peser sur les chaînes d’approvisionnement, sont des facteurs qui nuiront à la conjoncture économique mondiale. 

Aux États-Unis, le principal contrecoup du conflit a été la montée du prix de l’essence. Cette hausse accaparera une plus grande portion du revenu disponible des ménages et risque de les forcer à restreindre leurs dépenses discrétionnaires autres que celle d’essence. L’augmentation des prix à la pompe amplifie aussi une situation déjà difficile du côté de l’inflation qui, à son tour, mine la confiance des consommateurs américains. En tenant également compte des pressions sur les prix des aliments et de la poursuite des problèmes d’offre, nos projections indiquent que l’inflation restera plus élevée, plus longtemps que prévu initialement. On s’attend à une hausse de 6,8 % de l’IPC total en 2022. Dans ces conditions, la Réserve fédérale continuera à rehausser ses taux d’intérêt directeurs au cours des prochains trimestres, ce qui se fera sentir sur certaines dépenses des consommateurs et des entreprises.

Heureusement, il n’y a pas que de mauvaises nouvelles pour les ménages américains. Le marché du travail est sur un bon élan. À 3,6 % en mars, le taux de chômage a pratiquement rejoint son niveau d’avant la pandémie et le taux de participation montre enfin des signes d’amélioration après une croissance décevante en 2021. Les salaires progressent rapidement et permettent de tempérer une partie des hausses de prix. 

Du côté des entreprises, l’incertitude alimentée par la guerre en Ukraine pourrait nuire à leurs investissements. Toutefois, les niveaux élevés des prix du pétrole commencent à soutenir l’investissement dans ce secteur. Pour l’ensemble du secteur manufacturier et pour d’autres secteurs, les problèmes des chaînes d’approvisionnement demeurent une contrainte qui est maintenant davantage compliquée par la guerre en Ukraine. Au bout du compte, après une croissance exceptionnelle en 2021, la progression du PIB réel américain devrait ralentir à 3,0 % en 2022 et à 2,0 % en 2023. 

Au Canada, les effets directs de la guerre en Ukraine et des sanctions économiques, imposées à la Russie par la plupart des pays industrialisés, seront assez limités. Les effets indirects découlant de pressions haussières additionnelles sur les prix seront toutefois plus perceptibles. L’économie canadienne pourra néanmoins encore compter sur plusieurs facteurs positifs au cours des prochains trimestres. Les perspectives laissent croire que les entreprises augmenteront leurs investissements de façon importante en 2022.  Le marché du travail se porte très bien et l’économie canadienne devrait tirer profit de la forte demande pour les matières premières, découlant des sanctions imposées à la Russie. Ainsi, le PIB réel canadien devrait progresser de 4,1 % en 2022 et de 1,9 % en 2023.