INFLATION : DU JAMAIS VU AUX  ÉTATS-UNIS EN PRÈS DE 40 ANS
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INFLATION : DU JAMAIS VU AUX ÉTATS-UNIS EN PRÈS DE 40 ANS


Par le soleil de la floride

Francis Généreux

Économiste principal

Mouvement Desjardins

 

 

Une des nombreuses conséquences de la pandémie aura été de mettre la table à une très forte accélération des coûts pour les ménages. 

Selon l’indice américain des prix à la consommation (IPC), l’inflation (correspondant à la variation annuelle des prix) a atteint 7,0 % en décembre dernier, soit le plus haut niveau depuis juin 1982. La situation est semblable pour la région de Miami-Fort Lauderdale-West Palm Beach qui affichait une inflation de 7,1 % en décembre.

Pourtant, il n’y avait que très peu de signes d’accélération des prix durant la première année de la pandémie. La chute des prix du pétrole a même entraîné une baisse de l’indice des prix à la consommation au printemps 2020. En décembre 2020, l’inflation totale n’était que de 1,4 %. Un an plus tard, l’IPC affiche une variation annuelle cinq fois plus forte !

Plusieurs facteurs expliquent ce bouleversement. En premier lieu, la demande de biens a été fortement stimulée par les mesures gouvernementales de soutien au revenu et par la politique monétaire très expansionniste de la Réserve fédérale américaine. Au même moment, l’offre de biens a été restreinte par des éléments généralement liés à la pandémie : ralentissement de la production ou fermetures d’usines, chaînes d’approvisionnement déficientes, problèmes de transport, pénurie de main-d’œuvre et hausses des coûts des matières premières.  Ces facteurs ont notamment affecté le secteur automobile qui explique à lui seul plus du quart de la variation annuelle de l’IPC total en décembre. Durant ce mois, les prix des automobiles d’occasion affichaient une variation annuelle de 37,3 % tandis que ceux des automobiles neuves ont grimpé de 11,8 %. Les hausses de prix vont toutefois au-delà du secteur automobile. En fait, près de 90 % des biens et services inclus dans l’IPC affichent des croissances de prix supérieures à 2 %, soit le taux traditionnellement ciblé par la Réserve fédérale. 

Ces difficultés sont encore loin d’être pleinement réglées. À cela s’ajoutent d’autres pressions qui commencent à venir des services. On remarque que les prix liés aux logements progressent plus rapidement. En fait, selon l’indice S&P/Case-Shiller du prix des maisons existantes, les prix des maisons ont bondi de 32,2 % depuis le début de la pandémie dans la région de Miami. Les prix des actifs, comme les maisons, ne font pas partie de l’IPC, mais ils risquent toutefois de se manifester tôt ou tard dans les coûts liés au logement. 

L’inflation devrait rester élevée au cours des prochains trimestres. Pour espérer un ralentissement de l’inflation, il faudra nécessairement observer une atténuation des problèmes des chaînes d’approvisionnement. 

La fin des programmes d’aide du gouvernement fédéral et une politique monétaire moins expansionniste devraient aussi aider à obtenir une stabilisation des prix. 

D’ailleurs, les récentes communications provenant de la Réserve fédérale établissent bien que ses dirigeants ont maintenant l’inflation en mire.