L’élevage des chèvres en Floride pas si bêêêêêêête…!


Par Le soleil de la Floride

Depuis quelques années, l’élevage de chèvres se fraie une place ascendante sur le marché américain. Et la Floride possède de nombreuses raisons d’encourager cette industrie. Les multiples facettes de cet élevage nous amènent aujourd’hui, bien loin de la fameuse chèvre de Monsieur Seguin!

L’importance économique et croissante de l’élevage de ces herbivores ruminants aux États-Unis est attribuée non seulement à une forte demande pour la viande caprine et ses produits laitiers, mais aussi, au contrôle écologique de la végétation.

À chacune sa destinée

L’Homme a domestiqué la chèvre il y a plus de 10 000 ans. Depuis, différentes races ont été développées selon les besoin de chaque région.

La chèvre angora, originaire de la région d’Ankara en Turquie, produit aujourd’hui une toison d’environ 10 kg de mohair par animal par année.

Élevée pour sa viande, la chèvre Boer, originaire d’Afrique du Sud, peut atteindre rapidement 200 lbs. Et quant aux races modernes de chèvres laitières, elles produisent plus de 500 lbs de lait par animal en 10 mois.

Google et son gazon

Vous vous souvenez peut-être qu’en 2009, une chèvrerie Californienne avait fait les manchettes car 200 membres de son cheptel avaient été engagés par nul autre que Google?

Et oui, les chanceuses étaient accueillies et mandatées pour brouter régulièrement le gazon des alentours du siège social situé à Mountain View.

Ce geste à caractère écologique avait fait foisonner l’esprit de plusieurs petits entrepreneurs et donné le coup d’envoi à une série de petites entreprises de “Chèvres à louer”. Une vingtaine des fermes caprines situées dans 13 différents États, font maintenant de bonnes affaires!

En Caroline du Sud par exemple, les chèvres sont utilisées pour dégager les champs de Kudzu, une vigne japonaise invasive à croissance très rapide. “C’est la façon économique et la seule qui soit écologique, de se défaire de cette plante”, raconte Liz Jones, une résidente voulant confirmer l’efficacité des bêtes. “Autrement, nous devons poivrer le sol d’une quantité monstre de produits chimiques”.

Le kudzu est entièrement comestible pour les chèvres et leur lait devient ensuite, fantastique pour la fabrication du savon.

L’industrie en Floride

Roy Beckford, agent des ressources naturelles associé à l’université de Floride, s’attarde à l’industrie au Sud-ouest de l’État, particulièrement dans le comté de Lee (Fort Myers et Cape Coral) où les chèvres de boucherie peuvent être élevées avec très peu de grain pour supplémenter le broutage naturel. Aussi, elles nécessitent un abri minimal et l’espèce est facile à entretenir.

“Les États-Unis importent environ 1,5 million de livres de viande de chèvre à chaque semaine, et nous aimerions pouvoir éventuellement produire davantage, localement” raconte monsieur Beckford dans une récente publication.

On dit que la demande pour le fromage et le lait de chèvre est sans cesse croissante pour trois raisons : le palais des américains se développe à la saveur des produits de chèvre, les restaurants sont maintenant nombreux à offrir des apéros au fromage de chèvre et enfin, des complications alimentaires ont créé une demande pour des alternatives au lait de vache.

Il est peu probable les compagnies de terrassement échangent de sitôt le brrrrrrrrrr des tondeuses pour le bêêêêêêê des brouteuses, mais une chose est certaine, c’est que les marchés d’alimentation accueillent maintenant la diversité des produits caprins.