PROCÈS AU SÉNAT

PROCÈS AU SÉNAT


Par Sandra Belzile

Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, a envoyé au Sénat la semaine dernière les articles pour la destitution du président Trump. Les articles ont été votés le 15 janvier. Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a commencé un procès le jeudi 16 janvier pour déterminer si le président devrait ou non, être démis de ses fonctions. Sept membres démocrates de la Chambre ont été nommés par Pelosi en tant que dirigeants qui plai-deront en faveur de la destitution. Ce sont eux qui ont remis les articles au Sénat. Adam Schiff, qui prendra les devants, sera accompagné par Jerry Nadler, Zoe Lofgren, Val Demings, Hakeem Jeffries, Sylvia Garcia et Jason Crow. Du côté des sénateurs républicains, le chef de la justice John Roberts présidera le procès.

Retard
Pelosi avait retardé la transmission des articles dans une vaine tentative de forcer McConnell d’annoncer les règles du procès au Sénat. Elle a critiqué les décisions du chef républicain de permettre aux sénateurs de rejeter les articles de la Chambres s’ils n’étaient pas déposés à l’intérieur de 25 jours et de ne pas garantir l’appel de témoins ou de documents additionnels au procès, comme l’avait exigé la Chambre. Pelosi a déclaré que « le chef McConnell et le prési-dent ont peur que davantage de faits ne soient révélés ». Toutefois, peu de sénateurs auraient démontré de l’intérêt à rejeter les articles de Pelosi et McConnell a déclaré qu’il laisserait la décision de convoquer un témoin.

Couverture journalistique
De nouvelles restrictions ont été émises quant à la couverture du procès de la destitution au Sénat et des organisations journalistiques les contestent, dont la National Public Radio (NPR). Les journalistes autorisés seront confinés à de petites sections délimitées alors qu’elles sont généralement sans restriction d’accès. Les journalistes ne pourront pas marcher avec les sénateurs pour écouter leurs conversations même si un sénateur acceptait de son propre gré. Ils ne pourront pas non plus les approcher pour des entrevues dans les couloirs de la salle du Sénat.

Près de 60 organisations journalistiques ont signé une pétition pour la liberté de la presse. La lettre adressée au chef de la majorité répu-blicaine, Mitch McConnell, et au chef de la défense démocrate, Chuck Shumer, demande d’assouplir ces nouvelles restrictions imposées aux médias. Ces récentes mesures sont très strictes et inhabituelles au Sénat. Il n’est pas prévu que le président Trump participe au procès.

Parnas
Le 17 janvier, des messages textes ont été dévoilés par le House intelligence Committee, plaçant Devin Nunes dans l’eau chaude, un respon-sable républicain au sein de ce comité. Les textos montrent que Derek Harvey, un haut responsable de Nunes, a fréquement été en contact avec Lev Parnas, l’associé inculpé de Rudy Giuliani, avocat personnel de Trump. Parnas est devenu un personnage clé dans la controverse en Ukraine qui a mené à la destitution du président. Les textos témoignent que Parnas et Harvey ont été en contact au printemps 2019, en même temps que Parnas travaillait avec Giuliani et d’autres alliés de Trump pour retirer de l’Ukraine l’ambassa-drice américaine Marie Yovanovitch.

Cette dernière avait été considérée comme un obstacle aux efforts de Giuliani pour convaincre l’Ukraine d’enquêter sur les rivaux politiques de Trump, y compris l’ancien vice-président Joe Biden. Trump l’a donc brusquement retirée du pays en mai 2019.
Yovanovitch a déclaré sous serment qu’elle avait été victime d’une campagne diffamatoire.