QAnon : LA SUITE…

QAnon : LA SUITE…


Par Sandra Belzile

Le Soleil de la Floride a présenté, dans sa publication précédente, la théorie conspiratrice QAnon. Le groupe prétend que le président Trump se bat contre un réseau de trafic sexuel d’enfants dans l’État profond dirigé par des démocrates, tels Hilary Clinton et des célébrités.
Le mouvement conspirateur est en pleine éclosion et fait rage au sud de la Floride.

Désinformation
D’après le SunSentinel, la Cuban Radio de Miami a reçu une dame, Beatriz Peres, qui prétendait travailler pour les élections. Elle a déclaré sur les ondes que de voter par correspondance, c’est comme si les gens jetaient leur bulletin de vote à la poubelle en prétendant qu’il n’y a aucune assurance qu’il sera compté. D’après elle, il existerait beaucoup de fraude.
Selon les dires d’une porte-parole du département des élections de Miami-Dade, rapportés par le SunSentinel, il n’y avait aucune « Beatriz Perez » parmi leurs employés. La porte-parole a aussi précisé qu’il n’existe pas de fraude lors du vote par correspondance.
En fait, le bureau des élections détient un système permettant aux électeurs de suivre leur bulletin de vote tout en s’assurant qu’il soit compté. À ce propos, des études ont montré que dans le scrutin postal, la fraude électorale est « extrêmement » rare.
D’après une membre démocrate du Congrès représentant Miami-Dade, ce genre de campagne vise certainement à influencer les électeurs latinos au sud de l’État.
Elle a immédiatement avisé le FBI de cette fausse propagande. Le FBI considère d’ailleurs QAnon comme une « menace terroriste intérieure » aux États-Unis.

Phrase clé
D’après un reportage d’Adrienne LaFrance, rédactrice exécutive du magazine indépendant The Atlantic, QAnon utilise une phrase souche qui est « le calme avant la tempête ». Peu de temps avant que Q se fasse connaître, le président Trump, dans une rencontre avec une vingtaine de hauts dirigeants où il ne cessait de parler, a dit : « Vous savez ce que cela représente ? » en traçant un cercle incomplet dans l’air avec son index droit. « Peut-être que c’est le calme avant la tempête » a-t-il répondu, à trois reprises. Les journalistes ont demandé avec insistance : « Quelle tempête, Monsieur le Président ? » Sa réponse a été : « Vous le découvrirez. »

En Floride
Un sergent vétéran de l’équipe SWAT du bureau du shérif du comté de Broward en Floride, Matt Patten, a été photographié avec le vice-président Mike Pence. Patten portait un écusson de la lettre Q sur sa veste.
Tweetée par après par le bureau du vice-président, la photo est devenue virale chez les QAnon. Le tweet a été rapidement supprimé et Patten a été rétrogradé. Adrienne Lafrance s’est rendue à la résidence de Patten et a vu deux autocollants sur sa boîte aux lettres dont l’un disait TRUMP et l’autre #QANON: PATRIOTS FIGHT.
Dans la même veine d’idées, le républicain Matthew Lusk, qui s’était présenté aux élections à la Chambre des États-Unis pour représenter un district de Floride au Congrès, s’est retiré avant l’élection primaire républicaine. Dans son article le mois précédent, Lafrance avait rapporté que la section « problèmes » du site Web de Lust posait la question : Qui est Q ? D’après Media Matters for America, au moins 35 candidats au Congrès avait adopté Q et Trump avait amplifié la messagerie de QAnon au moins 258 fois sur Twitter ou mentionné 150 comptes Twitter affiliés à QAnon, parfois plusieurs fois par jour.

COVID-19
Lorsque Trump a testé positif au coronavirus, auquel les adeptes de QAnon ne croient pas, ils ont décodé que le président était sur le point d’arrêter Hillary Clinton, faussement accusée de trafic sexuel infantile avec d’autres élites démocrates.