QAnon : UN MOUVEMENT GRANDISSANT…

QAnon : UN MOUVEMENT GRANDISSANT…


Par Sandra Belzile

QAnon (Anon pour Anonyme) est une théorie conspiratrice. Elle prétend que le président Trump se bat contre un réseau de trafic sexuel d’enfants dans l’État profond dirigé par des démocrates, tels Hilary Clinton et des célébrités.

L’État profond se définit comme « un groupe de personnes, généralement des membres influents d’organismes gouvernementaux ou de l’armée, soupçonnés d’être impliqués dans la manipulation ou le contrôle secret de la politique gouvernementale. » (Oxford Languages)

D’après un article d’Adrienne LaFrance, rédactrice exécutive du magazine indépendant The Atlantic, le mouvement conspirateur QAnon est en pleine éclosion, attirant de plus en plus de nouveaux adeptes anonymes. Paru cet été, l’article de LaFrance fait lumière sur ce phénomène assez récent.

Origines
QAnon est né en 2016, année des élections présidentielles chaudes entre le président Trump et l’ancienne Secrétaire d’État, Hilary Clinton. Un point de départ a été Edgar Maddison Welch, un père de deux enfants profondément religieux de la Caroline du Nord. Le 4 décembre 2016, Welch s’est rendu à la pizzéria fami-liale Comet Ping Pong à Washington, D.C. avec trois fusils, dont un 9 mm AR-15. Les enfants adorent ce restaurant où ils peuvent jouer au ping-pong dans la cour arrière en attendant leur pizza. À son arrivée, Welch a immédiatement été aperçu mais il a réussi à entrer dans l’établis-sement. Il a tiré des coups de feu sur une porte de placard qui rangeait des équipements informatiques, mais ce n’était pas ce qu’il s’attendait trouver…

La théorie conspiratrice prétendait qu’Hilary Clinton était à la tête d’un groupe qui maltraitait des enfants au Comet Ping Pong, ce que Welch espérait surprendre. Le sous-sol inexistant du restaurant, où devait se faire la maltraitance, n’était finalement qu’illusion. Intercepté, Welch a été accusé tout en admettant son tort qui lui a coûté une sentence de quatre ans d’emprisonnement.
Nommée Pizzagate, la théorie est apparue lorsque WikiLeaks a rendu public des courriels volés sur le compte de John Podesta, un ancien chef de cabinet de la Maison Blanche, puis président de la campagne présidentielle de Clinton. Podesta avait eu de nombreux échanges avec le propriétaire du restaurant Comet Ping Pong concernant principalement des événements de levée de fonds.
Des « Trumpettes » ont alors spéculé la maltraitance d’enfants sous la direction de Clinton. La théorie cons-piratrice s’est ensuite répandue sur internet.

Les spéculations ont été véhiculées sur 4chan et par après sur des réseaux plus accessibles comme Twitter et YouTube, ce qui avait convaincu Welch.

À la suite de la sentence, Pizzagate a semblé s’estomper. Sauf qu’un mouvement a continué de croître, croyant au message sous-jacent de Pizzagate : qu’une bande de puissantes élites maltraitait des enfants et se tirait d’affaire. Cette croyance a pris de l’ampleur pour donner naissance à QAnon.
« Q »
Dérivé d’une figure mystérieuse, « Q » n’a pas d’emplacement physique mais est une présence Web qui détient une infrastructure, une littérature et bien des codes… Personne ne sait qui est derrière « Q » et les anonymes qui adhèrent au mouvement ne s’en soucient nullement, peu importe si la source est véridique ou non dans ses propos.

Croyances
Les adeptes de QAnon croient que le coronavirus pourrait ne pas être vrai et que s’il l’était, il a été créé par « l’État profond », c’est-à-dire cette bande d’élites qui dirige secrètement le monde. De plus, la panique face à la pandémie ferait partie d’un complot visant à obstruer la réélection de Trump et les médias acclameraient le nombre de morts en raison de la COVID-19.

Suite
Dans la prochaine édition, nous rapporterons des codes utilisés par QAnon et verrons quels types de personnes adhèrent au mouvement et quels dirigeants politiques au pays et dans l’État de la Floride en ont fait allusion.