Eureka
PHOTO @ JOSEE POULIOT

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Par le soleil de la floride

Enfin. Le Canadien de Montréal vient de découvrir son véritable joueur de centre après une disette de 21 années sans surdoué à cette position névralgique et essentielle.

Nick Suzuki, obtenu en retour de Max Pacioretty, montre déjà à sa première expérience qu’il possède tous les outils et les qualités d’un véritable meneur.
Déjà, son entraîneur l’utilise dans toutes les situations offensives, particulièrement en prolongation et en tir de barrage, parce qu’il sait que son protégé sait affronter les moments critiques.

Il occupe déjà le poste de deuxième centre et il est très probable qu’il pivote sur le premier trio dans deux ans, si cela ne se réalise pas au cours de la prochaine saison.

Son grand talent a repoussé Max Domi comme troisième centre et tôt ou tard, il délogera Philip Danault, davantage défensif.

Les recruteurs de l’équipe n’ont jamais été assez alertes pour remplacer Vincent Damphousse, qui avait quitté le Canadien en 1999.

Damphousse avait fourni des saisons de 97, 89 et 91 points à Montréal, ce que le CH n’a plus revu depuis et ce qui devra attendre encore un moment.
À 20 ans, Nick Suzuki montre le véritable profil d’un centre créatif et tous les atouts, comme sa vision périphérique, l’agilité de ses mains, sa science de distribuer les passes savantes à ses coéquipiers libres en plus de son habilité à toucher la cible. Sans oublier une excellente besogne en défensive ce qui n’est pas donné à toutes les recrues.

Son Q.I. hockey doit être considéré comme de haut niveau tel que le démontre ses 24 passes et ses 11 buts à ses 57 premières parties dans la Ligue nationale.
Depuis deux ans, les analystes attachés au Canadien multipliaient les qualités potentielles de deux jeunes centres ; Jesperi Kotkaniemi et Ryan Poehling. Ils voyaient en eux une relève capable enfin de combler cette position décharnée depuis deux décennies.
Jusqu’ici, ces deux choix de repêchage de Trevor Timmins ne montrent aucunement le talent essentiel pour diriger les deux premières lignes d’attaque d’une équipe qui aspire aux grands honneurs.

La piètre fiche d’un maigre but et d’une seule passe de Poehling en 27 parties éteint beaucoup d’espoir.

Avec ses six buts et ses deux passes en 36 matchs, à sa deuxième saison à Montréal, Kotkaniemi laisse des doutes autant sur ses capacités de diriger un deuxième trio que sur son choix au troisième rang du repêchage de 2017.

Si les recruteurs du Canadien ont été incapables de découvrir un talent pour combler la grande faiblesse de leur formation, il faut reconnaître que Marc Bergevin a eu un excellent flair lorsqu’il a exigé Suzuki dans l’échange avec Max Pacioretty plutôt que Cody Glass qu’on lui proposait. Glass ne montre que 12 points en 37 matchs avec Vegas, ce qui lui a valu un aller sans retour dans la Ligue américaine en fin de semaine.

Des 11 buts et 24 passes de Suzuki, plusieurs ont été cruciaux dans les victoires de son équipe comme la préparation du but victorieux d’Ilya Kovalchuk, samedi en prolongation contre les Leafs.
La complicité de Suzuki avec Kovalchuk (six buts et six passes en 15 parties dont trois gagnants depuis son entrée) doit sûrement trotter dans la tête de Bergevin à savoir s’il proposera un nouveau contrat à ce dernier.

Surtout que le directeur-gérant du Canadien a vraiment gagné son pari en amenant le russe dans son clan.