HOCKEY : LE RIDICULE NE TUE PAS
ice hockey player in action kicking with stick

HOCKEY : LE RIDICULE NE TUE PAS


Par Eric Laflamme

Tout indique que le cirque de la Ligue nationale sera tenu en plein été sans amateurs ni commentateurs et journalistes dans les amphithéâtres de Las Vegas et probablement Toronto.

Ce cirque sera les séries éliminatoires de la Coupe Stanley dans un scénario que l’on n’aura jamais vu et qui risque bien peu intéresser les vrais amateurs.

Pour ratatiner le cours des affrontements habituels, Gary Bettman a décidé de présenter un petit tournoi amusant, mais sans intérêt, impliquant les quatre formations en tête de chaque section qui s’amuseront pour déterminer leur position en vraie éliminatoire.
Quelle farce !

Ce tournoi est tellement con que l’entraîneur des Bruins, Bruce Cassidy vient de déclarer qu’il donnerait des repos à certains de ses joueurs, eux qui sont en congé depuis trois mois. Pendant ce temps, les équipes classées entre la 5ème place et la 12ème des deux associa-tions, participeront à une ronde sous le format de 3 de 5.
Les journées seront chargées de matchs. Trois à tous les jours. Le spectacle sera totalement fade et inodore puisqu’aucun amateur n’occupera un siège.
Les diffuseurs, comme le font les réseaux québécois TVS et RDS, feront la description en studio. On s’interroge à savoir si on ajoutera un bruit de foule, ce qui serait encore plus stupide.

Tout ce pudding tombe dans la stupidité avec la participation de 24 équipes, soit huit de plus que la normale, lesquelles n’avaient pas franchi le seuil de l’honorabilité.
Les acrobaties de Bettman visent à récupérer le plus de millions de dollars possibles que son circuit perdait avec les contrats de télévision.
Rien ne dit que les diffuseurs et les commanditaires en auront pour leur argent, considérant que l’auditoire devrait frôler la famine. Parce qu’il est évident que le peuple ne va pas perdre ses belles journées pour regarder trois matchs de hockey d’affilé, surtout après cette pandémie prisonnière trop longue.
Malgré cette folie, il y a quelques organisations qui trépignent. Les huit équipes, qui se joignent aux séries sans ne les avoir méritées, pourraient créer certaines surprises. À Montréal, le duo Molson-Bergevin rêve et déjà, les inconditionnels voient le Canadien éliminer les Pinguins de Pittsburgh.
La meute partisane est à la veille de commencer à hurler que tout peut se produire au Centre Bell. Comme les Panthers de la Floride, le Canadien vient d’entrer par la porte-arrière, lui qui sans la générosité du petit général Bettman, aurait raté le rendez-vous pour une quatrième fois en cinq printemps.
Quant à l’équipe de Dale Tallon, elle est aussi dans le déshonneur parce que le bal d’avril n’est qu’une rareté pour eux.

Ces deux organisations prient quotidiennement que leur gardien accomplisse des miracles. Carey Price n’a pas toujours sauvé les siens au cours de la saison tandis que l’autre portier à 10 millions de dollars, Sergei Bobrovsky, a été la déception des siens alors qu’il devait transformer les Panthers en une puissance du circuit.

La différence entre ces deux équipes, c’est que le Canadien ne compte pas sur un second fiable alors que Chris Driedger s’est imposé en remplaçant Bobrovsky.

Quant à l’attaque, disons que le Canadien ne fait pas le poids avec la Floride. Après ces 525 mots pour décrire ce cirque, on pourrait résumer tout cela en disant « heureusement le ridicule ne tue pas ».