Bettman piégé par l’expansion


Par Le soleil de la Floride

Gary Bettman s’est retrouvé avec une patate chaude entre les mains.

C’est ce qui c’est produit lorsque Québec et Las Vegas ont été les seules villes à présenter leur candidature, dans la démarche d’expansion de la Ligue nationale.

Le président de la LNH devait sûrement être déçu devant la tournure des événements. Pas de doute qu’il se sentait embarrassé devant le recul de certains aspirants dont on entendait invariablement le nom depuis des mois.

La volte-face de Seattle, le mutisme d’un riche Canadien, qui laissait croire à son intention d’obtenir une concession pour la région de Toronto, et le silence de Houston, plaçaient Bettman dans une position plutôt inconfortable.

Le petit Napoléon du hockey n’a jamais montré un très grand enthousiasme à l’endroit des efforts de Pierre Karl Péladeau et du maire de Québec, Régis Labeaume, d’amener une équipe à Québec pour faire oublier la sournoise défection des Nordiques. Par contre, son emballement pour Las Vegas ne laissait aucun doute depuis le premier jour où Bill Foley a proposé de vendre virtuellement des billets de saison pour démontrer la rentabilité de son rêve.

À un certain moment, on pouvait se demander si Gary Bettman allait tricoter quelques manigances pour se sortir de cette imprévisible impasse et faire faux bond à la ville de Québec. Il en est bien capable.

Ses déclarations du 29 septembre, lors de la rencontre avec les représentants de Québec et Las Vegas, montraient ses réticences.

« Nous sommes en train de recueillir des informations » s’était-il contenté de dire à ce moment –là.

« Il n’y a pas de délibérations en ce qui concerne l’expansion, le nombre d’équipes et l’endroit où elles seront situées. Il y a beaucoup de travail à faire encore. Le processus va nous mener dans plusieurs directions et soulever plusieurs questions » ajoutait Bettman.

En un mot, il refusait de confirmer quelles villes seront accueillies dans la LNH.

Bettman était confronté à une situation qui ne lui plaisait pas du tout. Parce qu’au fond, ce qu’il souhaitait de tout cœur était de voir apparaitre deux sollicitations de l’Ouest américain, ce qui aurait corrigé une distorsion dans son circuit.

L’Association Pacifique ne compte que 14 équipes alors que l’Association Atlantique en comprend 16.

Un peu plus tard, le propriétaire des Bruins de Boston, Jeremy Jacob, en rajoutait en disant que les présentations de Las Vegas et Québec étaient solides, mais qu’il n’était pas certain de l’intérêt des propriétaires des équipes de la LNH pour l’expansion.

Jacob renchérissait en affirmant que Vegas était mieux situé géographiquement que Québec.

Horreur

Le président de la LNH a horreur des déménagements. Sa réticence à outrance, il l’a démontrée lorsque l’équipe d’Atlanta a pris la direction de Winnipeg. Bettman avait tenté par tous les moyens de trouver une solution pour que les Trashers demeurent en Géorgie.

Et pendant quatre ans, il a endossé toutes les entourloupettes possibles pour que les Coyotes ne se sauvent pas de Phoenix.

Face à sa répugnance de voir une équipe plier bagage pour une autre destination, Gary Bettman a choisi l’expansion pour fermer la porte à tout mouvement d’une équipe existante, qui s’enfonce dans le rouge et qui voudrait se voir ailleurs, comme les Hurricanes et les Panthers.

La LNH a signé avec NBC un contrat de télévision de deux milliards de dollars pour dix ans. C’est une autre raison pour laquelle Bettman aurait préféré l’arrivée de deux autres partenaires américains.

Les seules candidatures de Vegas et Québec sont des événements qui ont carrément modifié ses plans.

La grande question était de savoir à quelle acrobatie il pourrait se livrer pour jeter aux détritus ce cadeau de grec que représente Québec comme éventuelle concession.

Celui-là, il ne l’avait jamais vu venir. En ce sens qu’il croyait avoir un plus grand choix de villes intéressées.

Une date butoir avait été fixée pour les candidatures. Les retardataires devraient faire leur deuil.

N’empêche que Bettman a insisté, il y a peu de temps, pour dire qu’aucun échéancier n’était fixé pour admettre les prochaines équipes de l’expansion. Ces propos sonnent faux devant l’affirmation qui veut qu’une décision soit prise au cours de 2016.

Gary Bettman n’a jamais juré que ce projet d’expansion se concrétisera. La décision pourrait bien être qu’il n’y en aura pas d’élargissement. Du moins pas tout de suite.

Québec dans le décor, ça ne lui plait pas vraiment. Il est puissant le Petit Général.

On lui verse 10 millions par année pour tout contrôler.

C’est ce qu’il fait.