LA VIE NUMÉRIQUE EN PÉRIODE  DE PANDÉMIE

LA VIE NUMÉRIQUE EN PÉRIODE DE PANDÉMIE


Par Sylvain Bruneau et Jean-Yves Boillot

La pandémie actuelle met en lumière l’évolution de nos comportements quant à l’utilisation des outils numériques. Elle met en évidence cette mobilité numérique qui semble avoir des effets positifs sur la population en cette période particulière.

La dernière décennie a connu une croissance importante de l’adoption des appareils numériques mobiles par les adultes Québécois. L’usage du téléphone intelligent a connu un bond de 64 % de 2009 à 2019 (passant de 13 % en 2009 à 77 % en 2019) et l’usage de la tablette a augmenté de 48 % entre 2010 et 2019 (passant de 7 % en 2010 à 55 % en 2019).

Cependant, cette importante croissance du numérique dans nos vies profite-t-elle à tous les groupes d’âge ? Explorons quelques grandes lignes de la dernière étude du groupe de recherche CEFRIO pour répondre à la question.

Il ressort de cette étude que l’utilisation des différents appareils numériques varie en fonction du groupe d’âge. Les plus jeunes privilégient le téléphone intelligent alors que les plus vieux privilégient la tablette. Voici quelques statistiques. Ce sont 94 % des 18 à 34 ans qui disposent d’un téléphone intelligent ; 87 % chez les 35 à 54 ans ; 46 % chez les 65 ans et plus. Inversement, ce sont 40 % des 18 à 34 ans qui disposent d’une tablette ; 64 % chez les 35 à 54 ans ; 55 % chez les 65 ans et plus.

Il apparaît que tous les groupes d’âge sont plus connectés que jamais. La vie numérique des 65 ans et plus n’est pas très différente de celle de l’ensemble de la population. Chez les 65 ans et plus, 80 % sont connectés à Internet à la maison (93 % pour l’ensemble de la population) ; 31 % possèdent au moins un objet connecté à la maison (33 % pour l’ensemble de la population).
La valeur moyenne du panier d’achats en ligne par ce groupe d’âge était en 2019 de 327 $ par mois (319 $ pour la moyenne provinciale). Ils sont toutefois moins nombreux à utiliser les services bancaires en ligne (49 % contre 77 % pour l’ensemble de la population) ainsi qu’en termes de proportion de cyberacheteurs, (28 % contre 63 % pour l’ensemble de la population).

En conclusion, les différences entre les groupes d’âge ne se situent plus dans le taux de pénétration de la technologie mais dans le choix des outils numériques et leur usage. Ce n’était pas le cas il y a à peine dix ans, car l’enjeu à l’époque était l’appropriation des progrès techno-logiques. Dix ans plus tard, c’est cette appropriation qui a facilité la réorganisation de la vie personnelle au quotidien rendue nécessaire par la pandémie mondiale.